Le président russe Vladimir Poutine a entamé jeudi soir au Kremlin des discussions nocturnes avec trois envoyés américains, dans le cadre des efforts visant à mettre fin à la guerre en Ukraine, a indiqué Moscou. La rencontre a débuté peu avant minuit, alors que Washington estime qu’un accord de paix pourrait être proche.
La délégation américaine était composée de Steve Witkoff, de Jared Kushner et de Josh Gruenbaum, récemment nommé conseiller principal du Conseil de la paix lancé par le président Donald Trump. Selon Witkoff, les négociations achoppent désormais sur un seul point majeur.
Peu après l’ouverture des pourparlers, la Russie a annoncé une patrouille de bombardiers stratégiques Tu-22M3 au-dessus de la mer Baltique, une opération de routine présentée comme une démonstration de dissuasion. Ces appareils font partie de la flotte à long rayon d’action utilisée par Moscou depuis le début du conflit pour frapper des villes ukrainiennes, des cibles militaires et des infrastructures énergétiques.
Les discussions portent principalement sur la question territoriale et sur les garanties de sécurité. Moscou exige que l’Ukraine cède les territoires qu’elle contrôle encore dans l’est du pays, notamment dans la région de Donetsk, et réclame que Kiev renonce à son ambition d’adhérer à l’OTAN, tout en excluant toute présence de troupes de l’Alliance sur le sol ukrainien après un accord de paix. Des conditions rejetées jusqu’à présent par le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Arrivés de Davos, où ils avaient rencontré des responsables ukrainiens, Witkoff et Kushner se sont entretenus avec Poutine après une série de contacts diplomatiques intensifs. Plus tôt dans la journée, Trump avait affirmé qu’un compromis était « raisonnablement proche », appelant les deux parties à mettre fin à un conflit qu’il juge inutilement destructeur.
Sur le terrain, la situation humanitaire reste critique. L’Ukraine traverse l’un de ses hivers les plus rudes depuis le début de la guerre, tandis que les frappes russes continuent de viser les infrastructures énergétiques, provoquant des coupures massives de chauffage et d’électricité. Dans ce contexte, Zelensky a annoncé que des réunions trilatérales réunissant des négociateurs russes, ukrainiens et américains devaient se tenir à Abou Dhabi, signe d’une possible accélération des efforts diplomatiques.