La justice népalaise a de nouveau prolongé la détention de l’ancien Premier ministre KP Sharma Oli, dans le cadre d’une enquête sur la répression violente de manifestations en 2025. Cette décision intervient alors que les investigations se poursuivent pour établir les responsabilités dans ces événements qui avaient fait au moins 76 morts.
Arrêté fin mars avec son ancien ministre de l’Intérieur, Ramesh Lekhak, l’ex-chef du gouvernement est soupçonné d’avoir joué un rôle dans la gestion des manifestations qui ont conduit à l’usage de la force par les autorités. Les deux hommes n’ont pas été formellement inculpés à ce stade et contestent toute implication dans les violences.
Initialement placée en garde à vue pour cinq jours, la détention de KP Sharma Oli a déjà été prolongée à plusieurs reprises par la justice, qui estime avoir besoin de plus de temps pour poursuivre les interrogatoires et analyser les éléments du dossier. Une nouvelle extension de deux jours a notamment été accordée début avril par un tribunal de Katmandou.
L’ancien dirigeant, âgé de 74 ans, est actuellement hospitalisé pour des problèmes de santé, notamment cardiaques et rénaux, tout en restant sous surveillance policière. Il a comparu devant la justice par visioconférence, tandis que ses avocats contestent la légalité de son arrestation.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte politique particulièrement tendu au Népal, marqué par les manifestations massives de septembre 2025 qui ont provoqué la chute du gouvernement d’Oli. Une commission d’enquête a recommandé des poursuites contre plusieurs responsables pour « négligence criminelle », estimant qu’ils n’avaient pas empêché les forces de sécurité d’ouvrir le feu sur les manifestants.
L’arrestation de l’ancien Premier ministre divise profondément la classe politique et l’opinion publique. Ses partisans dénoncent une décision politique motivée par un esprit de revanche, tandis que les autorités affirment qu’il s’agit d’une étape nécessaire pour rendre justice aux victimes et restaurer la confiance dans les institutions.
Communauté
Commentaires
Les commentaires sont ouverts, mais protégés contre le spam. Les premiers messages et les commentaires contenant des liens passent par une validation manuelle.
Soyez le premier à commenter cet article.