Moscou met à l’écart 18 000 livres ukrainiens jugés « russophobes », une opération qui ravive la bataille culturelle avec Kiev
Moscou met à l’écart 18 000 livres ukrainiens jugés « russophobes », une opération qui ravive la bataille culturelle avec Kiev

La Bibliothèque d’État de Russie à Moscou affirme avoir retiré et placé en archives spéciales environ 18 000 ouvrages provenant de territoires ukrainiens sous contrôle russe, qualifiés de « russophobes » par ses responsables. Ces livres ont été extraits de bibliothèques situées dans le Donbass et dans d’autres zones occupées en Ukraine.

Selon le directeur de l’institution, Bibliothèque d’État de Russie, les ouvrages ont été transférés dans un dépôt dédié à des fins dites « académiques et de recherche ». L’objectif affiché serait de permettre aux chercheurs d’étudier des contenus considérés comme idéologiques, sans qu’ils soient accessibles au grand public.

Le responsable de la bibliothèque, Vadim Duda, a indiqué sur Telegram que ces documents contiendraient des « idées ouvertement nationalistes et russophobes » et qu’ils déformeraient, selon lui, l’histoire commune entre la Russie et l’Ukraine. Cette collecte aurait été lancée en 2024 sur ordre du ministère russe de la Culture.

Du côté ukrainien, ces mesures s’inscrivent dans un contexte plus large de conflit culturel et identitaire. Kiev accuse Moscou de chercher à effacer progressivement la culture et l’identité ukrainiennes dans les territoires occupés, en parallèle de la guerre déclenchée en 2022.

Les autorités russes, elles, justifient ces opérations comme un travail de conservation de « patrimoine difficile », destiné à analyser des récits qu’elles jugent idéologiquement problématiques. La bibliothèque affirme qu’il ne s’agit pas de destruction, mais d’un archivage scientifique visant à préserver ces contenus pour les historiens.

Cette opération illustre une nouvelle fois la dimension culturelle et mémorielle du conflit entre les deux pays, qui dépasse largement le champ militaire et diplomatique. Kiev n’a pas réagi immédiatement à ces dernières déclarations, mais rejette de longue date les accusations russes et dénonce au contraire des tentatives d’endoctrinement dans les territoires occupés.

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