Minneapolis : des agents de l’immigration braquent leurs armes et interpellent des militants qui les suivaient
Minneapolis : des agents de l’immigration braquent leurs armes et interpellent des militants qui les suivaient

Des agents fédéraux de l’immigration ont pointé leurs armes mardi à Minneapolis avant d’arrêter plusieurs militants qui suivaient leurs véhicules dans le sud de la ville. Un photographe de l’Associated Press a vu au moins une personne portant un message anti-ICE menottée, allongée face contre terre sur la chaussée.

Depuis quelques jours, les équipes opèrent différemment dans les quartiers résidentiels, privilégiant des arrestations ciblées à domicile plutôt que des déploiements visibles sur des parkings. Les convois sont plus discrets, plus difficiles à localiser, et les groupes militants se contentent souvent de signaler des « repérages » plutôt que des interpellations.

Mardi, plusieurs voitures ont suivi les agents après des signalements de coups frappés aux portes d’habitations. Les officiers ont alors stoppé leurs véhicules et ordonné, armes au poing, aux occupants d’une voiture de sortir. Des agents ont sommé les journalistes de reculer, menaçant d’utiliser du gaz poivré.

Le mois dernier, un juge fédéral avait pourtant estimé que suivre des agents « à distance raisonnable » ne constituait pas, en soi, un motif suffisant pour procéder à un contrôle. Cette décision a depuis été suspendue par une cour d’appel.

Pressions judiciaires et climat politique tendu

Le départ récent du chef des opérations locales, remplacé par l’émissaire fédéral Tom Homan, n’a pas apaisé les tensions. Celui-ci a averti que les manifestants risquaient des poursuites s’ils entravaient le travail des agents.

Parallèlement, la ville de Minneapolis devait mardi répondre à une demande d’un grand jury fédéral réclamant des documents sur d’éventuelles entraves locales à la politique migratoire de l’administration Donald Trump. La municipalité, dirigée par le maire démocrate Jacob Frey, dénonce une « intimidation politique » tout en affirmant coopérer.

Dans un dossier distinct, un homme accusé d’avoir aspergé de vinaigre de cidre la députée Ilhan Omar lors d’une réunion publique restera en détention provisoire. Le juge fédéral a refusé sa libération sous caution, estimant que de tels actes lors d’événements officiels ne pouvaient être tolérés.

Ces scènes illustrent un climat de confrontation croissante entre autorités fédérales, élus locaux et militants, sur fond de durcissement de la politique migratoire et de bataille judiciaire autour de ses modalités d’application.

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