L’Union européenne adopte un objectif climatique assoupli avant la COP30 au Brésil (AP)
L’Union européenne adopte un objectif climatique assoupli avant la COP30 au Brésil (AP)

Après de longues négociations nocturnes à Bruxelles, les ministres européens du Climat sont parvenus mercredi à un compromis fixant un nouvel objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 90 % d’ici 2040, par rapport aux niveaux de 1990. Cet accord, conclu in extremis avant l’ouverture du sommet de l’ONU sur le climat (COP30) au Brésil, marque un recul par rapport aux ambitions initiales de la Commission européenne, sous la pression de plusieurs États membres inquiets pour leur compétitivité industrielle.

Le texte final autorise les pays de l’Union à couvrir jusqu’à 5 % de leur objectif de réduction grâce à l’achat de crédits carbone étrangers, réduisant de facto à 85 % les efforts à fournir sur le territoire européen. Une clause prévoit même la possibilité d’élargir cette marge à 10 % dans les années à venir, en fonction des négociations internationales sur les marchés du carbone. L’accord prévoit également un report du lancement du nouveau système européen d’échange de quotas d’émission (ETS2) à 2028, soit un an plus tard que prévu.

« Fixer un objectif climatique n’est pas qu’une question de chiffres, c’est un choix politique majeur pour notre continent », a déclaré le ministre danois du Climat, Lars Aagaard, à l’issue des discussions. « Nous avons cherché à maintenir l’ambition tout en protégeant la compétitivité et la cohésion sociale. » Cette approche plus flexible vise à apaiser les réticences de pays comme la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie, farouchement opposés à la version initiale de l’accord, jugée trop contraignante pour leurs industries.

À l’inverse, des États comme les Pays-Bas, l’Espagne et la Suède plaidaient pour maintenir un cap ambitieux, arguant de la multiplication des catastrophes climatiques en Europe et de la nécessité d’accélérer la transition écologique pour rester compétitifs face à la Chine dans les technologies vertes. La France et le Portugal, eux, ont soutenu la position de compromis en faveur d’une flexibilité accrue sur les crédits carbone.

Les conseillers scientifiques indépendants de l’UE ont critiqué cet assouplissement, estimant qu’il risque de détourner des investissements nécessaires à la décarbonation des industries européennes. Selon eux, l’utilisation de crédits étrangers pourrait affaiblir la crédibilité de l’Union, longtemps considérée comme le moteur mondial de la diplomatie climatique.

Cet accord permet néanmoins à Bruxelles d’arriver à la COP30 avec une position unifiée. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, doit y rencontrer jeudi plusieurs dirigeants mondiaux pour défendre la « stratégie climatique réaliste » de l’Europe face à un contexte international de plus en plus fragmenté, notamment en raison de la politique environnementale du président américain Donald Trump.

Malgré les critiques des écologistes, la Commission se félicite d’avoir évité un échec politique à quelques jours du sommet. « Nous ne voulons pas détruire l’économie, ni le climat », a résumé le vice-ministre polonais du Climat, Krzysztof Bolesta. « Nous voulons sauver les deux en même temps. » Un équilibre fragile que la COP30, au Brésil, mettra sans doute à rude épreuve.

Que retenir rapidement ?

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