Les Nations unies vont déployer dans les prochains jours une première équipe chargée de surveiller le cessez-le-feu entre le gouvernement de la République démocratique du Congo et le groupe rebelle AFC/M23, a annoncé lundi le ministère qatari des Affaires étrangères, à l’issue de pourparlers organisés à Doha.
Selon Doha, cette mission sera déployée à Uvira, ville stratégique de l’est du pays, brièvement occupée par l’AFC/M23 en décembre avant d’être reprise le mois dernier par les forces congolaises et leurs milices alliées, après le retrait annoncé des rebelles.
Cette annonce marque une avancée dans les discussions directes menées sous médiation qatarie entre Kinshasa et l’AFC/M23. Le mouvement rebelle a, en 2025, conquis une étendue de territoire sans précédent dans l’est du pays. En parallèle, les États-Unis accueillent des négociations distinctes entre la RDC et le Rwanda, accusé par l’ONU et plusieurs puissances occidentales de soutenir le M23, ce que Kigali dément.
Le ministère qatari a précisé que les deux parties s’étaient accordées sur les termes de référence détaillés du mécanisme de surveillance du cessez-le-feu, prévu par un accord conclu en octobre, et avaient réaffirmé leurs engagements dans le cadre plus large de l’accord de paix signé en novembre.
Cette initiative intervient toutefois dans un contexte sécuritaire encore instable. Des combats se poursuivent dans l’est du pays et, ce week-end, des drones chargés d’explosifs ont visé l’aéroport desservant la ville de Kisangani, selon les autorités congolaises. Si l’attaque était confirmée comme étant le fait de l’AFC/M23, il s’agirait de la frappe la plus occidentale jamais menée par le groupe depuis le début de son offensive contre le gouvernement de Kinshasa.