Le Royaume-Uni a vivement condamné mardi les dirigeants iraniens pour ce que Londres qualifie de « massacre horrible et brutal » de manifestants, au cœur d’une vague de protestations nationales déclenchées par la crise économique. La ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a affirmé devant le Parlement que la situation en Iran était d’une extrême gravité et nécessitait une réponse ferme.
S’exprimant à la Chambre des communes, la cheffe de la diplomatie britannique a déclaré que Londres condamnait « avec la plus grande fermeté » la répression menée par les autorités iraniennes et exigeait le respect des droits et libertés fondamentaux des citoyens. Elle a souligné que le gouvernement britannique considérait les informations en provenance d’Iran comme particulièrement alarmantes.
Dans ce contexte, le Royaume-Uni a convoqué l’ambassadeur iranien à Londres afin de lui signifier officiellement la gravité de la situation. Selon Yvette Cooper, cette démarche visait à demander des comptes à Téhéran et à exprimer l’indignation des autorités britanniques face aux violences rapportées contre les manifestants.
Cette prise de position intervient alors que Reuters a rapporté que les autorités iraniennes avaient reconnu environ 2 000 morts en l’espace de deux semaines de manifestations à travers le pays, un chiffre inédit dans les déclarations officielles de Téhéran. Ces troubles surviennent sur fond de difficultés économiques aiguës et de pression internationale croissante, notamment de la part des États-Unis, qui envisagent de nouvelles mesures punitives.
La ministre britannique a également annoncé que son gouvernement présenterait un projet de loi destiné à mettre en œuvre des sanctions « complètes et supplémentaires » contre l’Iran. Ces mesures pourraient inclure des sanctions sectorielles visant des pans entiers de l’économie iranienne, afin d’accroître la pression sur les dirigeants du pays.
Cette initiative marque un durcissement notable de la position britannique vis-à-vis de l’Iran, alors que plusieurs pays occidentaux dénoncent la répression des manifestations. Londres affirme vouloir coordonner son action avec ses partenaires internationaux pour tenter d’infléchir le comportement des autorités iraniennes face à une contestation décrite comme l’une des plus graves depuis des années.