L'Italie s'insurge contre les accusations de racisme policier du Conseil de l’Europe
L'Italie s'insurge contre les accusations de racisme policier du Conseil de l’Europe

ROME — L’Italie a vivement réagi jeudi aux critiques émises par le Conseil de l’Europe concernant des pratiques présumées de racisme au sein de ses forces de l’ordre. Dans un climat politique marqué par des tensions autour de l’immigration et de la sécurité, les autorités italiennes ont qualifié les propos de l’organisme européen de « honteux » et ont défendu avec vigueur l’intégrité de leurs services policiers.

L’escalade verbale est survenue après la publication du rapport annuel 2025 de la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI), une entité du Conseil de l’Europe basée à Strasbourg. Son président, Bertil Cottier, y a évoqué un recours disproportionné au « profilage racial » par les forces de police italiennes, appelant Rome à mettre en place une enquête indépendante sur les pratiques policières visant, selon lui, les immigrés, les minorités ethniques et religieuses.

La Première ministre Giorgia Meloni a fustigé les déclarations de l’ECRI sur le réseau social X, les qualifiant de « tout simplement honteuses ». Son vice-premier ministre et ministre des Transports, Matteo Salvini, a renchéri en dénonçant « un autre organisme inutile payé par les citoyens italiens et européens, qui produit des ordures en retour ». Les deux dirigeants d’extrême droite, qui ont bâti une grande partie de leur discours politique sur la lutte contre l’immigration clandestine et l’ordre public, ont rejeté toute critique de fond.

Dans un geste de soutien appuyé, le président de la République Sergio Mattarella a convoqué le chef de la police italienne pour lui réaffirmer, selon un communiqué officiel, « l’admiration et la confiance du pays envers ses forces de l’ordre ».

Le Conseil de l’Europe, qui n’a pas encore réagi à ces déclarations, regroupe 46 États membres et œuvre à la défense des droits humains et de l’État de droit depuis 1949. Si le rapport présenté cette semaine ne ciblait pas exclusivement l’Italie, un précédent document daté d’octobre avait mis en lumière « de nombreux cas de profilage racial de la part des forces de l’ordre italiennes, visant en particulier les Roms et les personnes d’origine africaine ».

Alors que le gouvernement italien s’efforce de projeter une image de fermeté en matière de sécurité intérieure, cette controverse relance le débat sur les méthodes policières et la place des minorités dans une société de plus en plus polarisée. Pour de nombreuses organisations de défense des droits humains, l’appel à une enquête indépendante reste plus que jamais d’actualité.

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