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L’Iran menace ses voisins de représailles s’ils rejoignent la guerre économique américaine

L’Iran menace ses voisins de représailles s’ils rejoignent la guerre économique américaine
L’Iran menace ses voisins de représailles s’ils rejoignent la guerre économique américaine

Téhéran a averti samedi les pays de la région qu’ils seraient traités en ennemis s’ils s’associaient aux pressions économiques imposées par Washington. La mise en garde intervient après l’annonce par Donald Trump d’une nouvelle offensive économique d’envergure contre l’Iran.

C’est Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, qui a formulé la menace lors d’un entretien accordé samedi à la chaîne d’État IRIB. « Nous disons à tous les pays voisins de ne pas rejoindre la guerre économique américaine. Dans le cas contraire, nous les considérerons comme des ennemis », a-t-il déclaré.

Rezaei a décrit la stratégie iranienne en trois temps : d’abord la négociation, puis une tentative de dissocier les voisins de Washington par la voie diplomatique, et enfin, si ces efforts échouent, une action directe. « Nous ne cherchons pas vraiment à élargir la guerre », a-t-il précisé, avant d’ajouter : « Mais au troisième stade, nous agirons sans aucun doute. »

Ces déclarations font suite à une série d’avertissements lancés cette semaine par l’administration Trump. Mercredi, le président américain a annoncé que son gouvernement allait mener « l’opération économique la plus écrasante » jamais conduite contre l’Iran, promettant des « conséquences économiques considérables » pour tout pays offrant à Téhéran « une quelconque bouée de sauvetage ». Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a repris la formule le lendemain : « Vous êtes soit avec nous, soit contre nous. »

Le conflit entre l’Iran d’un côté, les États-Unis et Israël de l’autre, a débuté le 28 février, lorsque les deux alliés ont lancé une première salve d’attaques contre Téhéran. Les négociations pour y mettre fin sont au point mort depuis l’échec, le 17 juin, d’un mémorandum d’entente prévoyant une « cessation immédiate et permanente des opérations militaires ».

Le contrôle du détroit d’Ormuz reste au cœur des tensions. L’Iran a fermé le passage dès le début du conflit, faisant bondir les prix du pétrole et des engrais. Les pays du Golfe ont depuis cherché des routes commerciales alternatives, mais Rezaei a prévenu que Téhéran ciblerait ces nouvelles voies d’exportation pétrolière si les États de la région participaient aux plans de guerre économique américains.

Rezaei a également interprété la stratégie de Washington comme un pari sur la fracture sociale iranienne. « Ils espèrent pouvoir briser notre unité par la pression économique, qu’un groupe de manifestants descende dans la rue et vienne en quelque sorte en aide aux F-35 américains », a-t-il dit, en référence aux avions de combat déployés dans le conflit.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a de son côté dénoncé samedi les nouvelles mesures américaines comme une affirmation de « souveraineté extraterritoriale » sur des États membres des Nations unies. Des médias ont par ailleurs rapporté que Téhéran envisagerait d’élargir sa liste de cibles au-delà du Moyen-Orient, en visant des alliés européens des États-Unis ayant soutenu les opérations de Trump.

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