Libérations contestées au Venezuela : le pouvoir évoque plus de 400 détenus relâchés, les ONG parlent de quelques dizaines
Libérations contestées au Venezuela : le pouvoir évoque plus de 400 détenus relâchés, les ONG parlent de quelques dizaines

Le président de l’Assemblée nationale vénézuélienne, Jorge Rodríguez, a affirmé mardi que plus de 400 prisonniers avaient été libérés dans le cadre d’un processus en cours, une annonce immédiatement contestée par des organisations de défense des droits humains, qui estiment le nombre réel de libérations bien inférieur.

Selon ces ONG locales, seules 60 à 70 personnes auraient été relâchées ces derniers jours, dénonçant à la fois la lenteur du processus et le manque de transparence des autorités. Les chiffres avancés par le pouvoir ne sont assortis ni d’un calendrier précis ni d’une liste publique des bénéficiaires, ce qui alimente les doutes.

Ces annonces interviennent après les déclarations conjointes de Donald Trump et de responsables vénézuéliens la semaine dernière, évoquant des libérations massives comme geste d’apaisement à la suite de la capture du président Nicolás Maduro par les États-Unis. Le gouvernement vénézuélien assure de son côté ne pas détenir de prisonniers politiques.

Lors d’une session parlementaire, Jorge Rodríguez a soutenu que les personnes libérées n’étaient « pas des prisonniers politiques », mais des responsables ou militants ayant « enfreint la loi et violé la Constitution », certains ayant, selon lui, appelé à une intervention étrangère. Ces mesures viseraient à favoriser une « coexistence pacifique », a-t-il déclaré.

Les autorités pénitentiaires ont reconnu lundi la libération de 116 détenus, un chiffre qui reste éloigné des plus de 400 évoqués par le président de l’Assemblée. L’ONG Foro Penal, spécialisée dans l’assistance juridique aux détenus, estimait qu’au moins 800 prisonniers politiques se trouvaient encore derrière les barreaux au début de l’année.

La cheffe de l’opposition María Corina Machado, prix Nobel de la paix, continue de réclamer la libération des détenus qu’elle considère comme politiques, dont plusieurs de ses proches alliés. Elle doit rencontrer Donald Trump cette semaine, selon son entourage.

Des familles de prisonniers et des organisations internationales accusent enfin les autorités de mauvais traitements en détention, évoquant des refus de soins médicaux, l’isolement prolongé, l’absence d’accès à un avocat et, dans certains cas, des actes de torture. Autant d’accusations que le gouvernement vénézuélien rejette, affirmant respecter la loi et les droits des détenus.

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