Les Rohingyas espèrent une reconnaissance historique du génocide par la Cour internationale de Justice (AP)
Les Rohingyas espèrent une reconnaissance historique du génocide par la Cour internationale de Justice (AP)

Les survivants rohingyas de la répression militaire menée en 2017 au Myanmar disent s’attendre à ce que la Cour internationale de Justice reconnaisse que leur communauté a été victime d’un génocide, à l’issue d’une affaire qualifiée d’historique examinée à La Haye.

Après plusieurs semaines d’audiences, un jugement est attendu dans un délai de trois à six mois. La décision de la plus haute juridiction des Nations unies pourrait avoir une portée qui dépasse largement le cas du Myanmar, notamment en influençant d’autres procédures internationales liées à des accusations de génocide, comme celle engagée par l’Afrique du Sud contre Israël au sujet de la guerre à Gaza.

L’affaire a été portée devant la CIJ par la Gambie, qui accuse le Myanmar d’avoir violé la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. Dans leurs plaidoiries finales, les avocats de Banjul ont affirmé que le comportement des autorités birmanes en 2017 ne pouvait raisonnablement s’expliquer que par une intention d’anéantir les Rohingyas en tant que groupe.

Le Myanmar rejette ces accusations. Il soutient que l’offensive militaire menée dans l’État de Rakhine, qui a provoqué la fuite d’au moins 730 000 Rohingyas vers le Bangladesh, constituait une opération antiterroriste légitime visant des groupes armés. Les autorités birmanes ont également contesté la crédibilité des enquêtes internationales, jugeant leurs conclusions biaisées et insuffisantes pour établir l’existence d’un génocide.

Pour les survivants, la reconnaissance juridique serait une étape décisive. Yousuf Ali, un réfugié rohingya de 52 ans, affirme que le monde a été témoin de la destruction systématique de leurs villages, des meurtres, des viols de masse et des déplacements forcés. Une mission d’enquête des Nations unies avait déjà conclu que l’offensive de 2017 comprenait des « actes génocidaires ».

Le ministre gambien de la Justice, Dawda Jallow, a appelé la cour à rejeter les arguments du Myanmar, estimant qu’un jugement reconnaissant le génocide contribuerait à rompre un « cycle d’atrocités et d’impunité ». Pour de nombreux Rohingyas, cette décision pourrait enfin ouvrir la voie à la justice et à une reconnaissance internationale de leurs souffrances.

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