Les électeurs du Costa Rica votent dimanche pour choisir entre la poursuite du programme du président sortant conservateur et populiste Rodrigo Chaves, ou une alternance portée par des partis cherchant à rompre avec une image jugée élitiste et autocentrée. Le scrutin pourrait marquer un tournant pour ce pays d’Amérique centrale longtemps réputé pour sa stabilité politique.
La montée de la criminalité ces dernières années s’est imposée comme un enjeu central de la campagne. Certains électeurs reprochent au président sortant de ne pas avoir endigué la violence, tandis que d’autres estiment que son style combatif constitue la meilleure réponse face à l’insécurité croissante.
La favorite du scrutin est Laura Fernández, candidate du Parti du peuple souverain. Ancienne ministre de la Planification puis de la Présidence, elle promet de poursuivre la ligne politique de Rodrigo Chaves. Les sondages la placent nettement en tête, mais l’issue dépendra de sa capacité à dépasser le seuil des 40 % des voix, condition nécessaire pour une victoire dès le premier tour, faute de quoi un second tour serait organisé le 5 avril.
Les Costariciens élisent également les 57 députés de la nouvelle Assemblée législative. Le parti du président sortant devrait progresser, sans toutefois être assuré d’obtenir la supermajorité qu’il appelle de ses vœux, laquelle lui permettrait notamment d’influer sur la nomination des magistrats de la Cour suprême.
Vingt candidats sont en lice pour la présidence, mais Laura Fernández est la seule à avoir régulièrement franchi la barre des 10 % dans les enquêtes d’opinion. Derrière elle, un groupe de cinq candidats, dont l’économiste Álvaro Ramos du Parti de la libération nationale et l’ancienne première dame Claudia Dobles, pourrait se disputer une place au second tour si aucun vainqueur ne se dégage dès dimanche.
Élu il y a quatre ans sur un discours anti-système, Rodrigo Chaves avait su capter le mécontentement lié au chômage élevé et aux déséquilibres budgétaires, malgré son passage antérieur au sein d’un gouvernement issu des partis traditionnels. Son parti a depuis multiplié les attaques contre les institutions, notamment le pouvoir judiciaire et le Parlement, accusés de bloquer ses réformes.
Selon Constantino Urcuyo, professeur de sciences politiques à l’Université du Costa Rica, cette dynamique s’inscrit dans une tendance plus large observée ailleurs dans le monde. Pour lui, l’enjeu du scrutin est clair : il oppose ceux qui souhaitent une transformation radicale du système politique à ceux qui plaident pour des réformes graduelles dans le cadre institutionnel existant.