Un groupe d’Églises anglicanes conservatrices doit se réunir cette semaine au Nigeria pour élire un dirigeant susceptible de rivaliser avec l’archevêque de Canterbury, une initiative inédite qui pourrait approfondir les divisions déjà importantes au sein de la Communion anglicane.
La réunion est organisée par la Conférence mondiale pour l’avenir de l’anglicanisme (GAFCON), un mouvement qui regroupe principalement des Églises conservatrices d’Afrique et d’Asie. Ces communautés s’opposent aux évolutions plus libérales adoptées dans certaines branches de la Communion anglicane, notamment l’ordination des femmes et l’élargissement de l’inclusion des personnes LGBTQ+.
Les tensions se sont accentuées après la nomination, en octobre dernier, de Sarah Mullally comme archevêque de Canterbury, la première femme à occuper ce poste historique au sein de l’Église d’Angleterre. Cette décision a été vivement critiquée par plusieurs Églises conservatrices, qui y voient un éloignement des doctrines traditionnelles.
Dans un communiqué, la GAFCON a indiqué que son Conseil mondial des primats élirait un président qui exercerait un rôle de « primus inter pares », c’est-à-dire « premier parmi ses pairs ». Cette fonction serait destinée à remplacer le rôle symbolique traditionnellement occupé par l’archevêque de Canterbury comme figure centrale de l’anglicanisme mondial.
Fondée en 2008, la GAFCON affirme représenter aujourd’hui une majorité des fidèles anglicans pratiquants dans le monde. La Communion anglicane regroupe 46 Églises autonomes, historiquement liées à l’Église d’Angleterre, qui est considérée comme l’« Église mère » du mouvement.
L’élection d’un dirigeant alternatif pourrait marquer une étape supplémentaire dans la fragmentation de la Communion anglicane, déjà traversée par des divergences profondes sur les questions doctrinales et sociales.