Le Sénat italien a décidé mercredi de reporter l’examen d’un projet de loi majeur qui définirait explicitement, pour la première fois en Italie, qu’un rapport sexuel sans consentement constitue un viol. Ce report met en lumière des divergences internes au sein de la coalition menée par la Première ministre Giorgia Meloni, pourtant à l’origine de plusieurs réformes sociétales depuis son arrivée au pouvoir.
Le texte, déjà approuvé au début du mois par la Chambre des députés, établit qu’une personne ayant des rapports sexuels sans le consentement libre de l’autre encourrait une peine de six à douze ans de prison. Cette définition, considérée comme un alignement sur les normes juridiques adoptées dans plusieurs autres pays européens, marquerait une évolution significative du droit pénal italien, qui repose encore largement sur la notion de contrainte.
Le report du débat sénatorial a surpris nombre d’observateurs, tant le projet semblait initialement bénéficier d’un soutien politique large. Toutefois, des désaccords persistent au sein de la majorité, certains élus exprimant des réserves sur la formulation du texte et sur les implications judiciaires de la nouvelle définition. Ces tensions ont conduit à renvoyer l’examen à une date ultérieure, sans qu’un nouveau calendrier soit annoncé.
Ce retard pourrait compliquer l’adoption rapide d’une réforme jugée urgente par de nombreuses associations de défense des femmes et par une partie de l’opposition. Les organisations féministes rappellent que l’Italie a été régulièrement critiquée par des instances internationales pour l’insuffisance de sa législation en matière de consentement. Elles exhortent désormais le gouvernement à ne pas laisser les divisions internes entraver un projet considéré comme essentiel pour la protection des victimes.