Le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius a exhorté le président américain Donald Trump à présenter des excuses après des déclarations suggérant que les alliés de l’OTAN en Afghanistan avaient évité le service en première ligne, des propos qui ont suscité une vive indignation en Europe.
Intervenant dimanche soir sur la chaîne publique allemande ARD, Boris Pistorius a jugé ces affirmations « incorrectes et irrespectueuses », rappelant que des soldats alliés étaient « tous là, aux côtés des États-Unis ». « Parler ainsi des morts de ses alliés n’est tout simplement pas acceptable », a-t-il déclaré, soulignant que prétendre le contraire était « faux ».
Des milliers de soldats allemands ont participé aux opérations de l’OTAN en Afghanistan, notamment Liberté immuable et Soutien résolu, lancées après les attentats d’Al-Qaïda du 11 septembre 2001. Cinquante-neuf militaires allemands y ont perdu la vie.
Boris Pistorius a indiqué qu’il évoquerait la question lors de son prochain échange avec le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth, appelant Donald Trump à s’excuser. « Ce serait un signe de décence, de respect et aussi de clairvoyance », a-t-il insisté.
Les propos du président américain ont également été condamnés par d’autres responsables européens, dont le Premier ministre britannique Keir Starmer, qui les a qualifiés de « franchement épouvantables ». Samedi, Donald Trump a salué le courage des soldats britanniques sans toutefois présenter d’excuses ni mentionner les sacrifices des autres alliés ; la Royaume-Uni a perdu 457 militaires en Afghanistan.
Ces tensions interviennent alors que des responsables de l’administration Trump critiquent régulièrement les pays européens pour leur non-respect des objectifs de dépenses de l’OTAN et leur dépendance à l’égard des États-Unis. Boris Pistorius, engagé dans une vaste réforme visant à renforcer la Bundeswehr, a reconnu que l’Europe devait accepter qu’elle ne pouvait plus compter sur Washington comme par le passé, tout en affirmant que l’armée allemande était « sur la bonne voie » pour retrouver pleinement ses capacités d’ici 2029.