Le gouvernement populiste de droite dirigé par Andrej Babiš a remporté un vote de confiance au Parlement, lui permettant d’entrer pleinement en fonction avec un programme marquant une rupture sur les finances publiques et la politique étrangère.
Soutenu par une coalition emmenée par son parti ANO, allié à une formation d’extrême droite pro-russe et à un autre parti de droite, l’exécutif dispose d’une majorité confortable à la Chambre basse. Le vote de confiance, étape constitutionnelle obligatoire, a validé l’installation du cabinet après les élections d’octobre.
Sur le plan économique, Andrej Babiš a promis des hausses de salaires et des baisses d’impôts, mettant fin à l’austérité du précédent gouvernement de centre-droit. Cette inflexion laisse entrevoir un déficit budgétaire plus élevé en 2026, alors que la République tchèque avait jusqu’ici maintenu son déficit en deçà du seuil européen de 3 % du PIB.
Le nouveau gouvernement a également annoncé une réduction du soutien à Ukraine, rompant avec la ligne suivie depuis l’invasion russe de 2022. Prague a renoncé à participer au financement d’un prêt de l’Union européenne à Kiev et prévoit de mettre fin à sa contribution financière à une initiative de fourniture de munitions coordonnée depuis la capitale tchèque, tout en laissant la porte ouverte à un rôle de coordination.
En politique étrangère, l’exécutif s’est montré prudent sur le dossier du Groenland, territoire danois que le président américain Donald Trump a dit vouloir annexer. Alors que plusieurs capitales européennes ont exprimé leur soutien au Danemark, Prague plaide pour le dialogue.
Autre priorité immédiate : l’adoption du budget 2026. Le pays fonctionne pour l’instant avec un budget provisoire, limitant les dépenses mensuelles. Les autorités anticipent un creusement du déficit, déjà en hausse l’an dernier pour la première fois depuis 2021, confirmant le virage budgétaire annoncé par le nouveau pouvoir.