Kilmar Abrego Garcia, un migrant salvadorien expulsé par erreur malgré son statut légal aux États-Unis, sera d’abord jugé pour des accusations de trafic d’êtres humains avant toute tentative de reconduite à la frontière, a annoncé jeudi un procureur fédéral.
Le gouvernement du président Donald Trump envisage ensuite de l’expulser vers un « pays tiers », selon les déclarations faites par l’avocat américain à une juge fédérale lors d’une audience à Nashville. Cette stratégie vise à contourner une décision de justice empêchant son renvoi vers le Salvador, où Abrego a déclaré craindre pour sa vie.
Arrêté peu après son retour forcé aux États-Unis début juin, Abrego fait face à deux chefs d’accusation pour avoir soi-disant transporté neuf passagers sans papiers lors d’un contrôle routier en 2022. Il a plaidé non coupable. Ses avocats dénoncent des accusations fabriquées pour justifier sa précédente expulsion illégale, survenue en mars, qui l’a conduit à passer près de trois mois dans une prison notoire au Salvador.
Le juge fédéral a déjà ordonné sa libération dans l’attente du procès, soulignant que le gouvernement n’avait pas démontré qu’il représentait un danger ou un risque de fuite. Cependant, les services de l’immigration (ICE) devraient le placer en détention dès sa sortie, alimentant les inquiétudes de ses proches et de ses soutiens.
Son épouse, citoyenne américaine, et leurs trois enfants, résidant dans le Maryland, craignent pour sa sécurité. Un juge de l’immigration avait reconnu qu’il courait un risque crédible de persécutions au Salvador, ce qui complique toute expulsion vers ce pays. En théorie, les autorités pourraient le renvoyer dans un pays tiers — à condition qu’il accepte de l’accueillir sans le transférer ensuite au Salvador.
L’affaire Abrego est devenue emblématique des controverses autour des politiques migratoires agressives du second mandat de Trump, et soulève de nombreuses critiques de la part des défenseurs des droits humains, qui y voient un abus de pouvoir et une atteinte aux garanties juridiques des migrants.