La Turquie a averti lundi qu’une intervention étrangère en Iran risquerait d’aggraver dangereusement la situation, tant à l’intérieur du pays que dans l’ensemble de la région. Ankara a appelé à privilégier la voie du dialogue entre Washington et Téhéran, alors que l’Iran est confronté à ses plus importantes manifestations depuis 2022.
Cette prise de position intervient alors que le président américain Donald Trump a menacé d’intervenir si les forces iraniennes recouraient à la violence contre les manifestants. La Turquie, membre de l’OTAN, affirme ne pas souhaiter de déstabilisation chez son voisin iranien, malgré les tensions internes actuelles.
Le porte-parole du parti au pouvoir turc, Ömer Çelik, a estimé que les problèmes de l’Iran devaient être résolus par ses propres dynamiques internes. Il a souligné que toute ingérence extérieure, et en particulier une action d’Israël, pourrait entraîner des crises encore plus profondes et incontrôlables dans la région.
Ces déclarations font suite aux propos du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a indiqué suivre de près les manifestations iraniennes et exprimé l’espoir de voir la population iranienne « libérée du joug de la tyrannie ». Ankara juge ce type de déclarations susceptibles d’attiser les tensions.
Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a reconnu que les manifestations iraniennes reposaient sur des revendications économiques et sociales légitimes, tout en affirmant qu’elles faisaient également l’objet de manipulations extérieures. Selon lui, la priorité doit rester la recherche d’un accord entre les États-Unis et l’Iran, condition essentielle à la stabilité régionale.
Selon l’organisation de défense des droits humains HRANA, les troubles ont déjà fait plus de 540 morts et conduit à l’arrestation de plus de 10 600 personnes depuis le début du mouvement, le 28 décembre. Des chiffres qui renforcent les inquiétudes d’Ankara face au risque d’une escalade régionale si la crise iranienne devait être militarisée.