La Turquie et l’Arménie s’accordent pour assouplir les visas afin de relancer la normalisation de leurs relations
La Turquie et l’Arménie s’accordent pour assouplir les visas afin de relancer la normalisation de leurs relations

La Turquie et l’Arménie ont convenu de simplifier leurs procédures de visa dans le cadre de leurs efforts visant à normaliser des relations longtemps tendues, a annoncé lundi le ministère turc des Affaires étrangères. Cet accord doit faciliter les déplacements entre les deux pays voisins, qui ne disposent toujours pas de relations diplomatiques formelles.

Les relations entre la Turquie et l’Arménie sont marquées par des différends historiques profonds et par l’alliance étroite d’Ankara avec l’Azerbaïdjan. La frontière commune entre les deux États reste fermée depuis les années 1990, symbolisant une rupture diplomatique durable dans le Caucase du Sud.

Malgré ce contexte, les deux pays avaient décidé en 2021 d’engager un processus de normalisation, en nommant des émissaires spéciaux chargés d’examiner les mesures possibles pour une réconciliation progressive et une éventuelle réouverture de la frontière. Ces discussions se sont déroulées parallèlement aux tentatives de réduction des tensions entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

La Turquie avait soutenu Bakou lors du conflit de 2020 contre l’Arménie pour le contrôle de la région du Haut-Karabakh, un différend territorial qui s’est étendu sur près de quarante ans. Ce soutien a renforcé la méfiance d’Erevan à l’égard d’Ankara, tout en compliquant les efforts de rapprochement régional.

Dans un communiqué publié sur le réseau social X, le ministère turc des Affaires étrangères a précisé que les détenteurs de passeports diplomatiques, spéciaux et de service des deux pays pourront obtenir des visas électroniques gratuits à compter du 1er janvier. Les deux gouvernements ont également réaffirmé leur volonté de poursuivre le processus de normalisation en vue d’un rétablissement complet des relations, sans conditions préalables.

Les relations bilatérales restent toutefois alourdies par un contentieux vieux de plus d’un siècle concernant la mort d’environ 1,5 million d’Arméniens lors de massacres, de déportations et de marches forcées à partir de 1915, sous l’Empire ottoman. Ces événements sont largement qualifiés de génocide par les historiens et de nombreux États, une qualification que la Turquie rejette, affirmant que le nombre de victimes est exagéré et que les morts sont survenues dans un contexte de guerre civile et de troubles internes.

L’accord sur les visas constitue néanmoins une avancée concrète dans un processus diplomatique fragile. Il est perçu comme un signal de volonté politique, même si des obstacles majeurs subsistent avant toute normalisation complète entre Ankara et Erevan.

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