La décision de la Cour suprême des États-Unis autorisant l’administration du président Donald Trump à mettre fin au statut de protection temporaire (TPS) pour les Haïtiens et les Syriens suscite une vive inquiétude au sein des communautés concernées. Des centaines de milliers de personnes pourraient perdre leur autorisation de travail ainsi que leur protection contre l’expulsion.
Le TPS permet aux ressortissants de pays touchés par des conflits, des catastrophes naturelles ou d’autres crises exceptionnelles de vivre et de travailler légalement aux États-Unis. Si certains bénéficiaires pourront rester temporairement en attendant l’examen d’une demande d’asile ou d’autres recours, beaucoup redoutent désormais une arrestation ou une expulsion.
Parmi eux figure Uthy, une Haïtienne de 32 ans arrivée aux États-Unis il y a trois ans avec son mari et leur enfant. Après avoir étudié la médecine pendant sept ans en Haïti, elle avait fui son pays avant l’obtention de son diplôme en espérant y retourner lorsque la situation se serait stabilisée. Aujourd’hui installée en Floride, elle affirme vivre dans la peur permanente depuis la décision de la Cour suprême.
Cette décision a semé l’inquiétude dans les principales communautés haïtiennes du pays, notamment en Floride, à New York, au Massachusetts et dans le New Jersey. De nombreux bénéficiaires du TPS y ont construit leur vie au fil des années, fondé une famille, créé des entreprises ou occupé des emplois essentiels dans les secteurs de la santé, de la construction, de l’hôtellerie ou encore des services à la personne.
Face à cette nouvelle situation, les églises, les associations et les avocats spécialisés en immigration s’organisent pour apporter un soutien juridique et matériel aux personnes menacées. Les responsables communautaires estiment que les conséquences de cette décision dépasseront largement les seuls bénéficiaires du TPS, en affectant également leurs familles, leurs employeurs et les communautés locales.
Cette évolution intervient dans un contexte de politique migratoire plus restrictive sous la présidence de Donald Trump. Reuters rappelle que le président et le vice-président JD Vance avaient notamment relayé durant la campagne présidentielle de 2024 de fausses affirmations selon lesquelles des migrants haïtiens installés dans l’Ohio consommaient des animaux domestiques, des déclarations qui avaient alimenté les tensions autour de l’immigration.
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