Israël a annoncé la réouverture dimanche du point de passage de Rafah, à la frontière entre la bande de Gaza et l’Égypte, afin de permettre la circulation de personnes entre les deux territoires. Il s’agira de la première ouverture de ce poste-frontière, seul point d’entrée et de sortie de Gaza ne passant pas par Israël, depuis mai 2024.
L’agence israélienne chargée de la coordination de la politique civile à Gaza a précisé que seules les personnes seraient autorisées à franchir la frontière, à l’exclusion de toute aide humanitaire ou de marchandises. Le nombre exact de personnes autorisées à passer chaque jour n’a pas été communiqué, alors que la population de Gaza dépasse les deux millions d’habitants.
Selon les autorités israéliennes, le retour à Gaza de résidents égyptiens ayant quitté l’enclave pendant la guerre sera possible, en coordination avec l’Égypte et uniquement après une autorisation de sécurité délivrée par Israël. La réouverture de Rafah faisait partie des conditions prévues dans la première phase du plan américain destiné à mettre fin aux combats à Gaza, après le cessez-le-feu conclu en octobre.
Israël avait repris le contrôle du point de passage en mai 2024 et conditionnait sa réouverture à la récupération du corps du dernier otage israélien détenu à Gaza, ce qui a été confirmé cette semaine. Des discussions sont toujours en cours entre Israël et l’Égypte sur le nombre de personnes autorisées à entrer et sortir, une source proche du dossier évoquant un plafond souhaité par Israël d’environ 150 personnes par jour.
Cette décision intervient alors que les organisations humanitaires alertent sur l’ampleur des besoins à Gaza. L’ouverture de Rafah ne concernera que les déplacements de personnes, alors que l’aide vitale et les marchandises restent soumises à de fortes restrictions, dans un territoire largement détruit par près de deux années d’offensive militaire.
Le Comité international de la Croix-Rouge a rappelé que de nombreux habitants vivent toujours dans les décombres, sans services de base, et affrontent des conditions hivernales difficiles. L’organisation appelle à un assouplissement des restrictions sur les biens dits à « double usage », comme les conduites d’eau ou les générateurs, jugés indispensables pour rétablir les infrastructures essentielles dans l’enclave palestinienne.