Les manifestations antigouvernementales en Iran semblent s’être largement calmées ces derniers jours, après une répression particulièrement violente qui aurait fait plusieurs milliers de morts, selon des habitants et des organisations de défense des droits humains. À Téhéran et dans plusieurs grandes villes, une présence policière et militaire renforcée a toutefois été signalée, tandis que des arrestations se poursuivent, d’après des médias d’État.
Le président américain Donald Trump a affirmé que les dirigeants iraniens avaient renoncé à des pendaisons de masse qu’il dit avoir été prévues contre des manifestants. Sur les réseaux sociaux, il a déclaré que plus de 800 exécutions avaient été annulées, saluant cette décision. Les autorités iraniennes n’ont cependant annoncé ni l’existence de tels projets ni leur abandon.
Déclenchées le 28 décembre par des difficultés économiques, les manifestations se sont rapidement transformées en un mouvement plus large contestant le régime clérical. Les violences ont culminé la semaine dernière. Des groupes d’opposition et un responsable iranien ont évoqué plus de 2 000 morts, ce qui en ferait les troubles les plus meurtriers depuis la révolution islamique de 1979. Des habitants contactés par Reuters décrivent désormais une situation plus calme, bien que tendue, dans la capitale.
La perspective d’une intervention militaire américaine semble s’être éloignée ces derniers jours, après que Washington a estimé que la répression s’était atténuée. Des responsables du Golfe ont toutefois indiqué que des renforts militaires américains restaient attendus dans la région, illustrant la persistance de fortes tensions. Israël, de son côté, a fait savoir que ses forces demeuraient en état d’alerte maximale.
Avec l’assouplissement partiel du black-out internet imposé par les autorités iraniennes, de nouveaux témoignages de violences ont commencé à émerger. Des proches de victimes évoquent des morts par balles lors de manifestations, y compris celle d’une adolescente de 15 ans à Téhéran, selon sa mère. Reuters précise ne pas avoir été en mesure de vérifier de manière indépendante l’ensemble de ces récits.
Dans ce contexte, Reza Pahlavi, fils du dernier shah d’Iran et figure de l’opposition en exil, a appelé la communauté internationale à accentuer la pression sur Téhéran afin de soutenir les manifestants. Son influence réelle à l’intérieur du pays reste toutefois difficile à évaluer, et Washington a récemment exprimé des réserves sur sa capacité à fédérer un large soutien.
Selon l’organisation HRANA, basée aux États-Unis, le bilan des victimes continue d’augmenter, bien qu’à un rythme plus lent, dépassant désormais les 2 600 morts. Malgré l’accalmie apparente, les défenseurs des droits humains estiment que le climat sécuritaire demeure extrêmement restrictif et que des troubles sporadiques persistent dans certaines régions du pays.