Haïti plongée dans l’incertitude politique après la fin du mandat du gouvernement de transition (AP)
Haïti plongée dans l’incertitude politique après la fin du mandat du gouvernement de transition (AP)

Haïti est entrée samedi dans une nouvelle phase d’instabilité politique, le mandat du Conseil présidentiel de transition arrivant à son terme sans qu’aucun mécanisme clair de succession n’ait été annoncé. Cet organe, mis en place pour tenter d’endiguer la violence des gangs et préparer des élections longtemps repoussées, laisse derrière lui un pays toujours en proie à l’insécurité et aux divisions internes.

Le Conseil présidentiel de transition (CPT), composé de neuf membres, avait été instauré en avril 2024 après la démission de l’ancien Premier ministre Ariel Henry. Il fonctionnait sur la base d’une présidence tournante et devait conduire le pays vers un retour à l’ordre constitutionnel. Mais son action a été largement critiquée, notamment en raison de la dégradation continue de la situation sécuritaire et d’accusations de corruption visant certains de ses membres.

Ces dernières semaines, les tensions se sont accrues au sommet de l’État. Plusieurs membres du CPT ont tenté de remettre en cause l’autorité du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, une initiative qui a suscité de vives réactions de la part des États-Unis. Washington a averti qu’une telle démarche entraînerait de « graves conséquences » et a clairement affiché son soutien au maintien de Fils-Aimé au pouvoir après le 7 février.

Les autorités américaines ont par ailleurs estimé que le CPT devait quitter la scène politique à l’issue de son mandat et ont imposé des sanctions à cinq de ses membres. Dans un communiqué publié mercredi, l’ambassade des États-Unis à Port-au-Prince a déclaré soutenir le leadership du Premier ministre dans la construction « d’un Haïti fort, prospère et libre ».

Dans ce contexte tendu, la présence américaine s’est également renforcée sur le plan sécuritaire. Trois navires de guerre américains ont fait leur entrée cette semaine dans la baie de Port-au-Prince. Selon l’ambassade, ce déploiement vise à démontrer « l’engagement indéfectible » de Washington en faveur de la sécurité et de la stabilité du pays.

Faute de feuille de route politique claire après la fin du mandat du conseil de transition, l’avenir institutionnel d’Haïti reste incertain. Alors que la population continue de subir la violence des gangs et l’effondrement des services essentiels, l’absence de consensus sur la gouvernance alimente les craintes d’un nouveau vide politique.

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