Les autorités américaines se mobilisent pour construire en urgence des camps de tentes à grande échelle afin de faire face à un afflux de migrants, dans le sillage d’un financement fédéral massif de 45 milliards de dollars alloué récemment, rapporte le Wall Street Journal. L’objectif : tripler la capacité actuelle de détention de l’agence Immigration and Customs Enforcement (ICE), qui passerait de 40 000 à 100 000 lits d’ici la fin de l’année.
Selon les documents consultés par le WSJ, les nouvelles installations seront concentrées dans des bases militaires et des prisons gérées directement par l’ICE. Un site emblématique de 5 000 lits est déjà en préparation à Fort Bliss, au Texas, tandis que d’autres projets sont en cours dans le Colorado, l’Indiana et le New Jersey. Un haut responsable de l’ICE a confirmé à Reuters que toutes les options étaient à l’étude pour accroître la capacité d’accueil, y compris le recours à des infrastructures militaires.
Cette politique s’inscrit dans la ligne dure de l’administration Trump sur l’immigration, à un moment où la pression à la frontière sud reste intense. Kristi Noem, secrétaire à la Sécurité intérieure, a indiqué que son département privilégiait les partenariats avec des États républicains pour la gestion des nouveaux centres, plutôt que de recourir à des sociétés pénitentiaires privées. Cette approche entend, selon elle, renforcer la coordination avec les gouverneurs et garantir un contrôle plus strict des conditions de détention.
L’un des modèles mis en avant est le centre surnommé « Alligator Alcatraz », en Floride, que Donald Trump a visité récemment aux côtés du gouverneur Ron DeSantis et de Kristi Noem. Ce centre de détention temporaire, situé en zone marécageuse, illustre la volonté de l’administration de construire des infrastructures rapides, vastes et à l’écart des centres urbains. « Plusieurs autres États s’en inspirent déjà », a déclaré Noem, précisant être en discussion avec cinq gouverneurs républicains pour établir des sites similaires, sans toutefois nommer les États concernés.
L’agence ICE n’a pas confirmé les détails opérationnels du plan, mais les projets en cours suscitent d’ores et déjà des débats. Les défenseurs des droits des migrants dénoncent le manque de transparence et les risques liés à la détention massive dans des structures précaires, en particulier sous tentes, souvent exposées à des conditions météorologiques extrêmes. De leur côté, les partisans du programme soulignent l’urgence logistique et sécuritaire face à l’augmentation continue des traversées illégales.
Cette expansion sans précédent du système de détention américain marque un tournant dans la gestion des flux migratoires aux États-Unis, alors que la campagne présidentielle de 2026 se profile à l’horizon. L’administration Trump semble déterminée à imposer un nouveau standard en matière de contrôle migratoire, quitte à susciter de vives controverses sur le terrain des droits humains.