Un tribunal de l’Eswatini a statué que des migrants expulsés par les États-Unis et détenus dans le royaume africain avaient le droit d’accéder à un avocat, dans une décision qui marque un revers pour le gouvernement local.
Le jugement concerne les cinq premiers migrants transférés dans le cadre de cette politique d’expulsion. Les juges ont rejeté l’argument des autorités selon lequel les détenus n’avaient pas explicitement demandé de représentation légale.
L’avocat des droits humains Sibusiso Nhlabatsi, qui cherche à défendre ces migrants, s’était vu refuser tout accès à ses clients jusqu’à présent. La justice a estimé qu’aucun préjudice ne justifiait cette interdiction.
« S’ils ne souhaitent pas voir le défendeur, ils peuvent le lui dire en face », ont indiqué les juges, soulignant l’importance du droit à la défense.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de contestation judiciaire d’un accord d’expulsion conclu entre Washington et Mbabane, d’un montant de plusieurs millions de dollars, visant à transférer des migrants vers ce pays d’Afrique australe.
Au total, au moins 19 personnes issues de différents continents — Afrique, Asie et Amériques — ont été envoyées en Eswatini dans le cadre de la politique migratoire de l’administration du président Donald Trump.
Jusqu’à présent, seules deux d’entre elles ont été libérées, les autres restant incarcérées dans des conditions critiquées par les défenseurs des droits humains.
La décision de justice ne s’applique pour l’instant qu’aux cinq premiers arrivants, mais elle pourrait créer un précédent pour les autres dossiers en cours.
Cette affaire met en lumière les enjeux juridiques et éthiques liés aux politiques d’externalisation des expulsions, ainsi que les tensions entre souveraineté nationale et respect des droits fondamentaux.
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