Les plaintes déposées en Pologne concernant des refus d’avortement par des médecins invoquant la clause de conscience ont cessé, a indiqué le Conseil de l’Europe dans un rapport publié jeudi.
Selon cette organisation paneuropéenne de défense des droits humains, le nombre d’avortements légaux dans le pays a par ailleurs doublé en 2024.
La Pologne applique depuis 2021 l’une des législations les plus restrictives d’Europe en matière d’interruption volontaire de grossesse, après qu’une décision de justice a déclaré inconstitutionnelle l’interruption de grossesse pour cause de malformation grave du fœtus.
La coalition pro-européenne dirigée par le Premier ministre Donald Tusk, arrivée au pouvoir après les élections de 2023, avait promis d’assouplir ces restrictions. Toutefois, les partis de la majorité n’ont pas encore réussi à s’entendre sur une réforme de la loi.
Le président polonais Karol Nawrocki, issu du camp nationaliste, a déjà prévenu qu’il opposerait son veto à toute tentative de libéralisation de la législation.
Le gouvernement de Donald Tusk a néanmoins pris des mesures pour clarifier l’application du cadre légal existant. Les autorités ont notamment rappelé aux hôpitaux et aux procureurs que l’avortement pour raisons de santé mentale est autorisé et que les établissements de santé sont tenus de pratiquer cette intervention lorsqu’elle est légalement justifiée.
Ces directives visent à garantir l’accès aux procédures autorisées par la loi, dans un contexte où la question de l’avortement reste l’un des sujets politiques et sociétaux les plus sensibles en Pologne.