Dans la province chinoise du Zhejiang, une église protestante non reconnue par l’État a été partiellement démantelée ces dernières semaines, suscitant de vives inquiétudes parmi les défenseurs de la liberté religieuse. À Yayang, près de Wenzhou, l’édifice a été entouré d’échafaudages et son symbole le plus visible, une grande croix située au sommet du bâtiment, a été retiré, selon des constats réalisés sur place.
Parallèlement, plusieurs habitants évoquent des interpellations de fidèles et de responsables religieux survenues à la mi-décembre. Si le nombre exact de personnes arrêtées reste incertain, des résidents confirment que des opérations de police ont eu lieu et que certains paroissiens demeureraient détenus. Les autorités locales, sollicitées, n’ont pas communiqué publiquement sur ces événements.
Une pression accrue sur les communautés non enregistrées
Cette intervention s’inscrit dans un contexte plus large de durcissement du contrôle exercé par Pékin sur les groupes religieux échappant au cadre officiel. Sous la présidence de Xi Jinping, les communautés chrétiennes non affiliées aux structures reconnues par l’État font l’objet d’une surveillance renforcée, perçues comme des organisations susceptibles de remettre en cause l’autorité idéologique du Parti communiste.
À Yayang, des affiches policières accusant des responsables de l’église de troubles à l’ordre public ont été placardées dans l’espace public, tandis que l’accès au site est étroitement surveillé. Des ONG internationales relèvent que des opérations similaires ont récemment été menées dans d’autres villes, illustrant une intensification de la répression à l’encontre des églises dites clandestines à travers le pays.