L’épidémie d’Ebola qui frappe l’est de la République démocratique du Congo pourrait encore s’aggraver dans les prochains mois et se prolonger pendant près d’un an, a averti mardi un responsable de la Croix-Rouge. Les organisations humanitaires estiment que le pire de la crise sanitaire n’est pas encore passé.
Selon les autorités congolaises, plus de 800 cas de la souche rare Bundibugyo ont été recensés depuis le début de l’épidémie, dont 192 mortels. Cette variante du virus est particulièrement préoccupante car aucun traitement ni vaccin éprouvé n’est actuellement disponible pour la combattre.
Lors d’un point de presse en visioconférence depuis l’est du pays, Bruno Michon a déclaré qu’il était difficile d’évaluer précisément l’ampleur de la propagation du virus. Il a toutefois estimé que le pic de l’épidémie restait à venir et non derrière les autorités sanitaires.
« Nous craignons que cela puisse durer un an avant que cette maladie ne prenne fin », a-t-il expliqué, soulignant les nombreuses difficultés rencontrées sur le terrain pour contenir la transmission du virus.
La maladie se propage actuellement dans trois provinces de l’est du Congo. Ebola se transmet par contact avec les fluides corporels des personnes infectées et peut continuer à être transmis après le décès des victimes, ce qui rend les procédures d’inhumation particulièrement sensibles et essentielles dans la lutte contre l’épidémie.
Les responsables de la santé indiquent que la réponse sanitaire est freinée par plusieurs obstacles, notamment le manque de centres de traitement spécialisés et la résistance d’une partie de la population aux mesures d’hygiène et de prévention. Plus d’un mois après la déclaration officielle de l’épidémie, les autorités reconnaissent que son ampleur réelle demeure encore difficile à mesurer.
Les équipes de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge participent aux efforts de sensibilisation des communautés ainsi qu’à l’organisation d’inhumations sécurisées des victimes. Les humanitaires espèrent que ces actions permettront de freiner la progression du virus, alors que les inquiétudes grandissent face à une crise qui pourrait s’installer durablement dans la région.
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