Détenus en Iran, les Français Cécile Kohler et Jacques Paris inculpés pour «espionnage en faveur du Mossad»
Détenus en Iran, les Français Cécile Kohler et Jacques Paris inculpés pour «espionnage en faveur du Mossad»

Les ressortissants français Cécile Kohler et Jacques Paris, emprisonnés en Iran depuis plus de trois ans, ont été officiellement inculpés de plusieurs chefs d’accusation graves, dont « espionnage au profit du Mossad », « complot visant à renverser le régime » et « corruption sur terre ». Ces informations ont été confirmées par une source diplomatique occidentale ainsi que par l’entourage des deux détenus. Ils risquent la peine de mort.

Pour rappel, le 7 mai 2022, Cécile Kohler, enseignante de lettres modernes, et Jacques Paris, son compagnon retraité, ont été arrêtés lors d’un séjour touristique en Iran. Depuis, ils sont détenus à la prison d’Evin à Téhéran, dans la redoutée section 209 réservée aux prisonniers politiques.

Des accusations lourdes : «espionnage» pour Israël

Les autorités iraniennes les accusent d’« espionnage pour le Mossad », arguant qu’ils auraient rencontré des opposants et collecté des informations, avec la complicité alléguée du service de renseignement israélien. Téhéran diffuse régulièrement des « aveux » à la télévision d’État, que Paris et Kohler dénoncent comme extorqués.

Les deux Français sont actuellement soumis à des traitements sévères : isolement prolongé, conditions matérielles précaires, visites et appels contrôlés. Leur état de santé suscité une vive inquiétude. À l’occasion de leur troisième anniversaire de détention, la France a dénoncé ces conditions qualifiées de « torture » et a organisé des rassemblements de soutien dans plusieurs villes.

La France monte au créneau

Le président Emmanuel Macron a assuré que Paris « agit sans relâche pour obtenir leur libération ». Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a dénoncé une politique d’« otages d’État » et annoncé le dépôt prochain d’une plainte devant la Cour internationale de justice pour violation du droit à la protection consulaire.

Une inquiétude accrue après les frappes en Iran

Suite à une frappe israélienne contre la prison d’Evin fin juin 2025, la France a obtenu l’assurance qu’ils n’ont pas été blessés. Le ministre délégué chargé des Français de l’Étranger Laurent Saint‑Martin avait exprimé son soulagement, tout en renouvelant la demande d’un accès consulaire et de leur libération immédiate.

Les familles, regroupées dans des comités de soutien, multiplient les actions : saisines d’organismes de l’ONU, manifestations publiques, et demandes de preuve de vie. Alors que la communauté internationale pointe la stratégie iranienne de détentions comme levier de négociation, Paris insiste sur la nature « arbitraire » des accusations…

Partager