Des milliers de Cambodgiens déplacés dans l’incertitude après les tensions frontalières avec la Thaïlande (AP)
Des milliers de Cambodgiens déplacés dans l’incertitude après les tensions frontalières avec la Thaïlande (AP)

Six semaines après le cessez-le-feu ayant mis fin aux affrontements à la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande, des milliers de civils cambodgiens restent déplacés, dans l’attente d’un retour incertain. La récente victoire électorale des nationalistes en Thaïlande, favorables à la construction d’un mur le long de la frontière contestée, ravive les inquiétudes.

Dans la province de Banteay Meanchey, près de la zone frontalière, des familles vivent toujours dans des camps temporaires comme celui de Wat Chansi. Proeung Sopheap, 59 ans, est revenue pour la première fois depuis les combats de décembre dans son village de Prey Chan afin de récupérer quelques biens essentiels. Comme d’autres habitants, elle hésite à rentrer définitivement, redoutant une reprise des violences.

Les affrontements avaient éclaté dans des zones disputées proches de Preah Vihear, une région marquée de longue date par des tensions territoriales entre les deux pays. Bien que les armes se soient tues, les dégâts matériels et la peur persistent parmi les populations locales.

La perspective d’un durcissement de la politique frontalière thaïlandaise alimente l’incertitude. Les nationalistes victorieux en Thaïlande ont promis de renforcer la sécurité et d’ériger des barrières physiques pour contrôler les passages, une mesure perçue par de nombreux Cambodgiens comme un obstacle supplémentaire au retour à la normale.

Les organisations humanitaires soulignent que ces déplacés ont besoin d’un soutien durable pour reconstruire leurs habitations et leurs moyens de subsistance. Tant que la situation politique et sécuritaire restera fragile, le retour massif des habitants dans les villages frontaliers pourrait demeurer compromis.

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