Conférence de Bruxelles... Soutien à la Syrie et accueil du plan pour Gaza sans la participation du Hamas
Conférence de Bruxelles… Soutien à la Syrie et accueil du plan pour Gaza sans la participation du Hamas

La responsable de la politique étrangère de l’Union européenne, Kaja Kallas, a affirmé ce lundi que l’Union européenne accueille favorablement le plan arabe de reconstruction de Gaza, à condition que le mouvement Hamas n’ait pas d’avenir dans le territoire.

D’un autre côté, Kallas a déclaré lors d’une conférence de presse après une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE à Bruxelles : « Il faut aller de l’avant vers la levée des sanctions contre la Syrie pour l’aider à progresser. »

Elle a mis en garde contre l’absence d’amélioration des conditions économiques en Syrie et a déclaré : « Si les habitants de la Syrie ne peuvent pas travailler et prospérer économiquement, cela pourrait créer une situation chaotique menant à une guerre civile. »

Kallas a également exhorté la direction de Damas à tenir pour responsables les auteurs des récents actes de violence dans les villes côtières syriennes. Elle a ajouté : « Nous voulons une approche sérieuse de la part du gouvernement syrien pour poursuivre les responsables de ces violences. »

La conférence des donateurs sur la Syrie : une mobilisation internationale renforcée

La conférence des donateurs sur la Syrie représente une occasion pour les Européens d’intensifier la mobilisation internationale en soutien à ce pays ravagé par plus d’une décennie de guerre.

Pour la première fois, des représentants du gouvernement de Damas assistent à cette neuvième conférence des donateurs. Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assad Al-Shaibani, représentera son pays à Bruxelles, en marge de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne.

160 millions de livres sterling du Royaume-Uni

Dans ce contexte, le Royaume-Uni s’est engagé ce lundi à fournir jusqu’à 160 millions de livres sterling (200 millions de dollars) cette année pour soutenir la reprise en Syrie après la chute de Bachar al-Assad.

Le ministère britannique des Affaires étrangères a déclaré que « le Royaume-Uni s’engage à fournir jusqu’à 160 millions de livres sterling en aides essentielles » lors de la conférence des donateurs sur la Syrie organisée par l’Union européenne à Bruxelles. Ces fonds contribueront à répondre aux besoins fondamentaux des Syriens en matière d’eau, de nourriture, de soins de santé et d’éducation en 2025.

2,5 milliards d’euros de l’Union européenne

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé que l’Union européenne s’engage à verser 2,5 milliards d’euros pour soutenir la Syrie.

Elle a précisé : « Les Syriens ont besoin de plus de soutien, qu’ils soient encore à l’étranger ou qu’ils aient choisi de rentrer chez eux. C’est pourquoi nous augmentons aujourd’hui, au sein de l’Union européenne, nos engagements envers les Syriens du pays et de la région à environ 2,5 milliards d’euros pour les années 2025 et 2026. »

Une coalition à majorité islamiste, dirigée par Ahmad Al-Sharaa, a pris le pouvoir le 8 décembre après la chute du président Bachar al-Assad.

Cependant, la transition demeure difficile dans un pays divisé entre plusieurs groupes religieux. Des massacres ont été commis ces dernières semaines dans la région côtière de l’ouest de la Syrie, représentant les pires violences depuis l’arrivée au pouvoir de cette coalition, dominée par Hayat Tahrir al-Cham, un groupe islamiste sunnite.

Selon des diplomates européens, les 27 pays de l’Union européenne, qui ont rapidement soutenu le processus de transition en Syrie après le 8 décembre, souhaitent considérer ces violences comme un incident isolé. Ils ont salué la formation d’une commission d’enquête et ont déclaré : « Tout doit être fait pour éviter que de tels crimes ne se reproduisent. »

L’Union européenne cherche à mobiliser un soutien pour la transition et la reconstruction en Syrie.

Ces pays se disent également prêts à réévaluer la levée progressive des sanctions imposées à la Syrie, décidée à la fin du mois de février, si de tels incidents se répètent, selon des diplomates à Bruxelles.

La position de la Jordanie

Lors de la conférence de Bruxelles, le ministre des Affaires étrangères jordanien, Ayman Safadi, a déclaré que « la priorité aujourd’hui est de créer des conditions favorables au retour des réfugiés syriens dans leur pays », ajoutant que « des programmes de relance précoce, comme l’accès au logement, aux hôpitaux et aux écoles, sont les meilleurs moyens de favoriser leur retour ».

Safadi a souligné que « la Syrie tourne une page de souffrances et les Syriens commencent à reconstruire leur pays et à réaliser leurs aspirations ».

Il a aussi dénoncé les actions d’Israël en Syrie, les qualifiant d’illégales et menaçant la stabilité régionale. Il a insisté sur la nécessité pour Israël « de respecter le droit international et de se retirer des territoires syriens occupés ».

Le ministre a également rappelé que la Jordanie accueille 1,3 million de Syriens et leur fournit les mêmes services d’éducation et de santé que ceux accessibles aux citoyens jordaniens. Il a conclu : « Sans soutien, nous ne serions pas en mesure de répondre aux besoins des réfugiés syriens. »

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