À Minneapolis, des parents d’élèves ont mis en place des patrouilles improvisées autour des écoles, équipés de sifflets et de talkies-walkies, pour signaler toute présence suspecte d’agents fédéraux de l’immigration. Cette mobilisation citoyenne intervient dans un climat de forte tension, une semaine après la mort de Renee Nicole Good, abattue par un agent de l’ICE dans un quartier proche d’un établissement scolaire.
Devant l’école primaire Green Central, qui accueille des élèves anglophones et hispanophones, des bénévoles se relaient par grand froid pour observer les allées et venues autour du campus. Certains, comme Peter Brown, avocat retraité de 81 ans vivant à proximité, disent vouloir protéger les familles et dénoncer ce qu’ils perçoivent comme une intimidation exercée par les autorités fédérales.
Le déploiement massif d’environ 3 000 agents fédéraux dans l’agglomération Minneapolis–Saint Paul s’inscrit dans le cadre de la politique d’expulsions voulue par l’administration de Donald Trump. Selon des parents et des enseignants, cette présence a provoqué une chute marquée de la fréquentation scolaire, poussant certaines écoles à annuler des cours en présentiel ou à basculer temporairement vers l’enseignement en ligne.
Le département de la Sécurité intérieure, qui supervise l’ICE, affirme pourtant que les écoles ne sont pas ciblées. Il assure que ses agents n’interviennent dans des établissements scolaires qu’en cas de menace grave pour la sécurité publique. Des responsables locaux et des familles contestent cette version, évoquant des interpellations à proximité d’arrêts de bus scolaires et l’arrestation de membres du personnel éducatif.
La sénatrice du Minnesota Amy Klobuchar a fait état de témoignages inquiétants recueillis auprès de directeurs d’école, décrivant des enfants et des parents « assiégés » et profondément anxieux. Selon plusieurs districts scolaires, des fourgonnettes liées au transport scolaire auraient même été arrêtées par des agents de l’ICE ces derniers jours.
Dans les quartiers les plus touchés, la solidarité s’organise. Des parents accompagnent les enseignants et employés d’origine étrangère entre leur domicile et leur lieu de travail, livrent de la nourriture et des médicaments aux familles qui n’osent plus sortir, et collectent des fonds pour aider au paiement des loyers. Des associations de garde d’enfants signalent une baisse de fréquentation pouvant atteindre 50 % dans certains centres.
Pour de nombreux parents, la situation est sans précédent. Certains expliquent devoir rassurer leurs enfants face à la disparition soudaine de camarades de classe, absents parce que leurs familles craignent des arrestations. À Minneapolis, cette mobilisation autour des écoles est devenue un symbole d’une communauté qui tente de protéger ses enfants dans un contexte de peur et d’incertitude persistantes.