À la frontière, routiers et commerçants colombiens et équatoriens dénoncent une guerre commerciale « suicidaire »
À la frontière, routiers et commerçants colombiens et équatoriens dénoncent une guerre commerciale « suicidaire »

À la frontière entre Équateur et la Colombie, routiers et commerçants des deux pays se sont rassemblés mardi pour protester contre l’escalade d’une guerre commerciale qui menace directement l’économie des provinces frontalières.

Les manifestants exigent la suppression des droits de douane de 30 % imposés sur des dizaines de produits. Selon eux, ces mesures punitives fragilisent les activités locales, pénalisent les transporteurs et risquent d’affecter aussi les entreprises énergétiques des deux côtés de la frontière. « Les taxes créent des crises, elles n’aident pas l’économie », a dénoncé Carlos Bastidas, président d’une association équatorienne de transporteurs.

Des représailles en chaîne depuis février

Le président équatorien Daniel Noboa a instauré ces taxes le mois dernier, accusant Bogota de ne pas freiner suffisamment le trafic de cocaïne à travers la frontière commune. Il a qualifié ces droits de douane de « taxe de sécurité », assurant qu’ils resteraient en vigueur tant que la Colombie ne prendrait pas des « mesures fermes » contre les cartels.

En réponse, la Colombie a appliqué des tarifs équivalents sur des produits équatoriens, notamment le riz et les pièces automobiles, et a annoncé l’arrêt de la vente d’électricité à son voisin. Ces mesures réciproques sont entrées en vigueur le 1er février.

Si les deux pays ne sont pas leurs premiers partenaires commerciaux respectifs, leurs économies frontalières sont étroitement imbriquées. À Ipiales, ville colombienne proche de la frontière, 38 % de l’activité économique dépend des échanges avec l’Équateur, selon Edison Mena, représentant local des routiers.

Les critiques du président Noboa estiment que cette confrontation commerciale vise aussi à détourner l’attention des difficultés sécuritaires internes. L’annonce des taxes est intervenue la même semaine que la publication de statistiques montrant un taux d’homicides record en 2025 en Équateur, devenu un point de transit majeur pour la cocaïne produite en Colombie et au Pérou.

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