comment-transferer-vos-playlists-de-spotify-vers-deezer-facilement
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Alors que le sommet de l’intelligence artificielle se déroule à Paris, l’industrie musicale est en pleine réflexion sur l’impact de cette technologie sur la création artistique. Les plateformes de streaming Deezer et Spotify adoptent des stratégies radicalement différentes face à la montée des contenus générés par IA, reflétant une fracture au sein du secteur.

Deezer, plateforme française fondée en 2007, a choisi de protéger les véritables artistes en déclarant la guerre aux musiques créées artificiellement. Chaque semaine, environ 70 000 chansons générées par IA sont ajoutées à son catalogue de 100 millions de titres. Considérant ces contenus comme des « parasites », Deezer s’engage à les détecter et à les supprimer de ses recommandations et playlists. « Nous ne voulons pas diluer la rémunération des artistes réels au profit de musiques créées entièrement par des machines », a déclaré Alexis Lanternier, directeur général de Deezer.

Pour renforcer cet engagement, Deezer a adopté un modèle de rémunération « artist-centric ». Contrairement au système « market-centric », où les revenus sont distribués proportionnellement à la popularité des titres, le nouveau modèle permet aux artistes d’obtenir une part plus significative des abonnements en fonction des écoutes réelles. Ce changement vise à offrir un soutien accru aux artistes émergents souvent défavorisés par les algorithmes de popularité.

À l’inverse, Spotify, géant suédois du streaming, mise sur l’intégration de l’IA pour maximiser l’expérience utilisateur et réduire les coûts. Depuis 2012, la plateforme a identifié l’importance de la musique « utilitaire », utilisée comme arrière-fond lors d’activités telles que le sport ou le travail. L’entreprise a développé un programme, « perfect fit content », qui insère des musiques générées par IA dans des playlists populaires. Ces contenus permettent à Spotify de répondre aux attentes des utilisateurs tout en économisant sur les redevances, puisque ces morceaux ne sont pas attribués à de véritables artistes.

Cependant, cette stratégie soulève plusieurs problématiques. Les musiques générées par IA sont souvent créées à partir de modèles préexistants, sans paiement de droits d’auteur. Certaines plateformes, comme Suno, qui proposent ce type de services, font déjà l’objet de poursuites judiciaires par des maisons de disques. De plus, les artistes traditionnels voient leurs revenus diminuer sur Spotify, qui applique encore le modèle « market-centric », pénalisant ceux qui ne bénéficient pas d’une forte visibilité.

En résumé, Deezer et Spotify incarnent deux visions opposées de l’avenir de la musique : la première, axée sur la protection de la création humaine et une rémunération équitable ; la seconde, orientée vers l’optimisation technologique et l’expérience utilisateur. Cette confrontation symbolise les défis auxquels l’industrie musicale est confrontée à l’ère de l’intelligence artificielle et pourrait bien redéfinir les règles de la création artistique à long terme.

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