Dans un communiqué rendu public ce mardi, le Syndicat national des journalistes de France Télévisions a dénoncé « une faute impardonnable » commise lors des éditions du 13 h et du 20 h de France 2. Il s’agit de la confusion, par Julian Bugier et Léa Salamé dans les deux journaux de la journée du lundi, entre les meurtres des professeurs Samuel Paty et Dominique Bernard : « Comment la même erreur, grossière, a-t-elle pu être commise deux fois le même jour ? » s’interroge le SNJ, mettant en lumière ce qu’il considère comme un gros dysfonctionnement éditorial.
Le syndicat précise que « un simple communiqué ou un mail envoyé aux équipes ne peut effacer une telle faute, hélas révélatrice de dysfonctionnements internes très inquiétants ». Il demande que la direction organise d’urgence une rencontre avec les syndicats pour discuter des suites à donner.
Les excuses tardives de France Télévisions
Face à la polémique croissante, France Télévisions s’est finalement excusé. Le groupe reconnaît qu’une affirmation erronée a été diffusée dans les journaux de 13h et de 20h lundi : il y avait été mentionné que Dominique Bernard avait été assassiné après avoir « montré des caricatures de Charlie Hebdo », ce qui correspond en réalité au scénario tragique de Samuel Paty.
La chaîne indique : « La rédaction de France Télévisions présente ses excuses à la famille de Dominique Bernard et à ses téléspectateurs. »
Elle ajoute que, dans ses éditions de 13h comme de 20h, France Télévisions a commis « une erreur » en rendant hommage à Dominique Bernard, en lui attribuant des circonstances de décès qui ne le concernent pas : « Il n’a pas été, contrairement au professeur Samuel Paty, assassiné pour avoir présenté des caricatures de Mahomet à ses élèves. »
L’erreur avait déjà été faite dans le lancement du 13h par Julian Bugier et répétée dans le 20h par Léa Salamé, au moment de rendre hommage à Dominique Bernard à Arras, ville où il enseignait.
Alexandre Kara, directeur de l’information de France Télévisions, a adressé un mail interne dans lequel il qualifie l’incident de « erreur d’importance ». Il appelle à une « vigilance renforcée » au sein des rédactions.
Pourquoi une telle confusion ?
Pour rappel, Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie, a été assassiné le 16 octobre 2020 à Conflans-Sainte-Honorine après avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet.
Dominique Bernard, professeur de lettres, a été lui assassiné le 13 octobre 2023. Trois ans après la mort de Samuel Paty, il été tué devant le lycée Gambetta-Carnot à Arras par Mohammed Mogouchkov, un ancien élève de 21 ans radicalisé. L’enseignant a été poignardé à mort devant l’entrée de son établissement. La commémoration de cet événement tragique a été l’objet d’un hommage ce 13 octobre dernier, lors duquel la confusion a été commise.