Matthieu Delormeau résume lui-même le point de départ de son livre par une formule simple : « Il a suffi d’une fois… ». Publié le 23 avril, Addictions revient sur les trois dernières années de sa vie, marquées par la cocaïne, le GHB, les médicaments, les rechutes, la perte de repères et une tentative de reconstruction. Le livre compte 192 pages et se présente comme un témoignage sur l’engrenage de la dépendance.
Une première prise, puis l’engrenage
Dans son récit, Matthieu Delormeau explique qu’il n’avait pas, auparavant, l’image d’un homme habitué aux excès. Il dit avoir eu une vie structurée, sportive, sans alcool ni cigarette, avec une carrière télévisuelle installée. La bascule intervient avec une première prise de drogue, qu’il présente comme le début d’un engrenage rapide.
Le chroniqueur décrit la cocaïne comme une présence qui s’impose progressivement dans son quotidien. Dans les premières pages, il emploie une formule directe : « La drogue était mon bourreau ». Il compare ensuite cette dépendance à une relation toxique, dans laquelle l’addiction isole, rabaisse et finit par détruire l’estime de soi.
Cette dépendance ne reste pas occasionnelle. Matthieu Delormeau raconte qu’elle devient centrale, jusqu’à dicter son rythme de vie, ses fréquentations et ses décisions. Il écrit que l’on finit par « tout perdre, jusqu’à te haïr », formule qui résume l’effondrement personnel qu’il décrit dans son livre.
Des consommations quotidiennes très élevées
La descente aux enfers décrite dans Addictions passe aussi par des chiffres. Matthieu Delormeau affirme avoir consommé, à un moment, « 2,5 g de cocaïne par jour, 15 millilitres de GHB ». À ces produits s’ajoutent des joints et des médicaments. Le récit situe cette consommation dans une période où les substances ne sont plus seulement associées à des soirées, mais à une routine quotidienne.
Il affirme : « la drogue a pris les commandes sur toute ma vie ». Cette phrase donne le ton du livre : il raconte une perte progressive de contrôle. Les produits deviennent à la fois un refuge, une habitude et une contrainte.
Deux ans d’isolement
L’un des aspects les plus terrifiants de son témoignage concerne l’isolement. Matthieu Delormeau raconte avoir passé de longs mois enfermé chez lui, avec très peu de sorties. Il dit avoir évité les restaurants, les cinémas, les dîners et les rencontres, notamment parce que sa consommation avait pris toute la place dans son organisation quotidienne.
La dépendance se traduit aussi par une rupture sociale. Les invitations sont refusées, les proches s’éloignent, les messages envoyés en pleine nuit abîment les relations. Dans son récit, le chroniqueur décrit une consommation de produits et une disparition progressive de la vie normale.
Il évoque aussi la paranoïa, la honte et le refus d’être vu. Le repli devient une conséquence directe de l’addiction : moins il sort, plus il consomme ; plus il consomme, moins il se sent capable de sortir.
Une chute financière brutale
Matthieu Delormeau raconte également l’impact financier de cette période. Les dépenses liées aux produits, aux livraisons, aux déplacements et au train de vie s’accumulent alors que son activité professionnelle s’interrompt. Le moment le plus parlant reste celui où sa banque l’appelle pour lui signaler qu’il ne reste que « 1,68 euro sur votre compte ».
Cette phrase marque, dans son récit, un retour brutal au réel. Lui qui avait gagné beaucoup d’argent à la télévision décrit une situation où les économies partent rapidement, pendant qu’il consomme pour « oublier et ne pas pleurer ».
GHB, chemsex et perte de contrôle
Le livre aborde aussi le chemsex, c’est-à-dire l’usage de drogues dans un contexte sexuel. Matthieu Delormeau y décrit des soirées sous produits, avec du GHB et de la cocaïne, qui s’étendent parfois sur plusieurs jours. Il évoque une sexualité devenue plus violente, dans un contexte où les produits altèrent le jugement et favorisent les comportements à risque.
Cette partie du récit est importante car elle montre que l’addiction ne touche pas seulement sa santé ou sa carrière. Elle modifie aussi son rapport aux autres, à l’intimité, au désir et au danger. Le GHB, en particulier, apparaît dans son témoignage comme l’un des produits les plus inquiétants de cette période.
Interpellations, garde à vue et justice
La chute devient publique avec ses démêlés judiciaires. En juillet 2024, Matthieu Delormeau est interpellé dans une affaire liée à l’achat de cocaïne et se voit imposer une injonction thérapeutique. En février 2025, il est de nouveau interpellé alors qu’il achète de la cocaïne ; le parquet indique ensuite qu’une amende par ordonnance pénale doit lui être notifiée.
Lors de son retour à l’antenne, il résume cette période par une phrase : « J’ai vécu la police, la justice, la garde à vue, la prison, les cités, les dealers ». La formule est volontairement forte. Elle vise à présenter ce qu’il dit avoir traversé en marge de sa consommation, entre procédures, contacts avec les dealers et cure de désintoxication.
Il tient aussi à faire une distinction avec d’autres affaires médiatiques liées à la drogue : « Le seul que j’ai détruit, c’est moi ». Par cette phrase, il assume la violence de sa chute, tout en affirmant qu’il n’a mis personne d’autre en danger.
La cure, vécue comme un choc
Après ses interpellations, Matthieu Delormeau passe par la désintoxication. Il décrit la cure comme une étape difficile, loin de l’image d’un simple séjour médical. Il parle d’« une prison pour gens drogués » et dit avoir été marqué par la présence de très jeunes patients, notamment « des mômes de 18, 19, 20 ans ».
Cette expérience alimente son discours de prévention. Il explique vouloir parler de ce qu’il a vu pour alerter les familles sur la réalité des addictions, y compris chez les plus jeunes.
Un retour télé sous tension
Le 1er septembre 2025, Matthieu Delormeau fait son retour à la télévision dans Tout beau, tout n9uf, auprès de Cyril Hanouna. Son arrivée est très commentée, notamment en raison de son apparence changée et de ses ennuis judiciaires récents. Dès son entrée, il dit : « Je suis stressé et ému ».
Ce retour n’a rien d’un simple come-back professionnel. Il arrive après deux ans d’absence, de consommation, de procédures et de cure. L’ancien chroniqueur annonce alors vouloir raconter les choses « dans le détail » et « sans pudeur », avec l’objectif affiché de faire de son parcours un avertissement.
Sur le plateau, il insiste sur le danger pour les plus jeunes : « On est sur une catastrophe pour les mômes au niveau de la drogue ». Cette phrase résume le message qu’il cherche désormais à porter : montrer l’addiction non comme un dérapage mondain, mais comme une mécanique de destruction.
Une reconstruction encore fragile
Matthieu Delormeau affirme aujourd’hui être sorti de la consommation de cocaïne et de GHB, tout en parlant plutôt de rémission que de guérison définitive. Il continue d’évoquer la prise d’anxiolytiques et de somnifères, et reconnaît que l’addiction reste un risque à vie.
Dans Addictions, son message est direct : il dit avoir chuté vite, très bas, et veut prévenir ceux qui pensent pouvoir contrôler la drogue. La phrase la plus claire du livre tient en une idée : « le vrai courage ce n’est pas d’arrêter, c’est de ne jamais se laisser entraîner ».