Le gouvernement indien a décidé de limiter les pouvoirs de retrait de contenu sur Internet à un nombre restreint de hauts responsables, après une querelle médiatisée avec la plateforme X, propriété d’Elon Musk. Cette décision marque une évolution importante dans la régulation numérique du pays, où les autorités avaient été accusées d’abus et d’ingérences dans la liberté d’expression en ligne.
Selon les nouvelles règles annoncées jeudi, seuls des fonctionnaires de haut rang et des responsables de police pourront désormais ordonner la suppression de publications jugées illégales ou contraires à la sécurité nationale. Ce changement intervient après que X a perdu un recours juridique en septembre, contestant la politique indienne qui imposait à toutes les plateformes sociales de se conformer à des ordres de retrait de contenu souvent jugés arbitraires.
Le ministère indien de l’Électronique et des Technologies de l’information a précisé que cette révision visait à « renforcer la transparence et la responsabilité » des décisions de censure numérique. Les autorités continueront toutefois de pouvoir exiger le retrait de contenus considérés comme incitant à la haine, à la violence ou à la désinformation.
La mesure est perçue comme un soulagement pour X, qui considère l’Inde comme l’un de ses marchés les plus stratégiques. Elon Musk avait ouvertement critiqué la lourdeur bureaucratique et le caractère excessif des ordres de suppression émis par le gouvernement indien, estimant qu’ils portaient atteinte à la liberté d’expression.
Malgré ces ajustements, les défenseurs des droits numériques jugent que la procédure demeure « lourde et centralisée », et que les plateformes restent exposées à des pressions politiques, notamment lors de périodes électorales.
L’Inde, qui compte plus de 800 millions d’utilisateurs d’Internet, cherche à équilibrer le contrôle du contenu en ligne et le respect des libertés fondamentales. Mais dans un contexte de montée du nationalisme numérique et de surveillance accrue des réseaux sociaux, la tension entre régulation et liberté d’expression reste loin d’être résolue.