En 2019, une simple plaisanterie publiée sur Facebook allait provoquer une véritable onde de choc, jusqu’au sommet de l’armée américaine. Netflix revient sur ce phénomène absurde et historique dans un nouveau documentaire intitulé Chaos d’anthologie : Storm Area 51, disponible à partir du 29 juillet 2025. Ce huitième épisode de la série documentaire analyse comment une blague numérique a failli se transformer en débordement physique aux portes de la base militaire la plus secrète des États-Unis.
Une farce virale qui échappe à son créateur
Tout commence dans la chambre de Matty Roberts, un jeune internaute californien de 20 ans. Par ennui et provocation, il crée sur Facebook un événement baptisé « Storm Area 51 – They Can’t Stop All of Us ». L’objectif affiché, évidemment ironique : réunir une foule pour envahir la zone 51, supposée abriter des extraterrestres. L’événement devient viral en quelques heures. Trois millions de personnes cliquent sur « Je participe ». Les détournements fusent, de Reddit à Pornhub, et l’affaire dépasse vite le cadre du mème.
Mais ce que Matty Roberts avait imaginé comme un « shitpost » finit par susciter l’inquiétude de l’armée américaine. La zone 51, base de tests militaires située en plein désert du Nevada, est un territoire hautement surveillé. Face à la montée en puissance de l’événement, l’US Air Force rappelle que toute intrusion pourra être sanctionnée par la force. Le FBI est saisi, et Roberts devient malgré lui la figure d’un mouvement insaisissable, entre culture web, fascination ufologique et rejet de l’autorité.
Le jour J : entre festival improvisé et menace d’invasion
Pour canaliser l’engouement, Matty Roberts propose un festival alternatif, baptisé Alienstock, à proximité de la ville de Rachel (Nevada), un hameau de 50 habitants submergé par l’afflux annoncé de milliers de visiteurs. Malgré l’hystérie médiatique, seuls quelques centaines de curieux feront finalement le déplacement le 20 septembre 2019. Aucun incident majeur ne sera à déplorer. Mais les autorités, elles, avaient bel et bien pris la menace au sérieux.
Le documentaire de Netflix, à travers témoignages, extraits viraux et images d’archives, retrace ce moment surréaliste avec humour et recul. Il met en lumière les mécaniques de viralité numérique, la puissance du collectif en ligne et les dérives possibles lorsqu’un simple post sur les réseaux sociaux s’échappe de l’écran pour devenir une réalité concrète.
Avec Storm Area 51, Chaos d’anthologie poursuit son exploration des grands moments de chaos collectif. Après les débordements du festival Astroworld ou le naufrage de la croisière Carnival Triumph, ce nouvel opus se penche sur une folie venue d’Internet, où l’absurde a frôlé le géopolitique. Une piqûre de rappel sur l’effet papillon des réseaux sociaux dans un monde ultra-connecté.