Maladies mitochondriales : huit bébés en bonne santé grâce à une FIV à trois ADN
Maladies mitochondriales : huit bébés en bonne santé grâce à une FIV à trois ADN

Une avancée médicale majeure vient d’être confirmée au Royaume-Uni. Huit enfants sont nés en bonne santé grâce à une technique expérimentale de fécondation in vitro (FIV) impliquant trois ADN. Cette méthode, encore interdite en France, vise à prévenir la transmission de maladies mitochondriales rares et incurables. Traditionnellement, une FIV utilise le sperme du père et l’ovocyte de la mère. Dans ce cas précis, l’opération implique un troisième donneur : une femme saine dont les mitochondries, les « centrales énergétiques » de nos cellules, sont intactes. En remplaçant les mitochondries défectueuses de la mère par celles de la donneuse, les médecins réduisent drastiquement le risque de transmettre des maladies génétiques graves, comme le syndrome de MELAS ou d’autres dystrophies musculaires. L’étude, publiée dans le New England Journal of Medicine et relayée par Nature, porte sur 22 femmes britanniques atteintes de troubles mitochondriaux. Toutes ont participé à ce protocole après modification de la législation britannique, en vigueur depuis 2016. Cette FIV à trois personnes est autorisée au Royaume-Uni depuis 2015, après un débat éthique et scientifique intense.

Des bébés en bonne santé et un espoir renouvelé

Les huit enfants nés grâce à cette méthode sont aujourd’hui en bonne santé. Une femme est actuellement enceinte grâce à cette même technique. Pour les familles concernées, cette innovation représente un tournant. Certaines participantes ont témoigné anonymement : « Le fardeau émotionnel de la maladie mitochondriale a été levé, remplacé par de l’espoir, de la joie et une immense gratitude. » Outre le Royaume-Uni, cette méthode est également explorée en Australie, au Mexique ou encore en Grèce. En France, elle reste interdite, principalement en raison des enjeux bioéthiques liés à la modification de l’embryon. Le débat pourrait toutefois ressurgir à la lumière de ces résultats encourageants. Alors que la médecine reproductive entre dans une nouvelle ère, ces naissances marquent un jalon historique dans la lutte contre certaines maladies héréditaires jusque-là incurables.

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