À Concarneau, dans le Finistère, les radars routiers ne sauvent pas seulement des vies en incitant à lever le pied. Grâce à un dispositif méconnu de la loi du 15 juin 2018, une partie des amendes collectées pour excès de vitesse est désormais réinjectée dans le secteur de la santé. Le Pôle de réadaptation de Cornouaille en est l’un des bénéficiaires. Depuis 2019, cet établissement spécialisé en soins médicaux et en réadaptation a obtenu deux financements pour des projets liés à l’acquisition de matériel high-tech. En 2022, trois appareils ont été achetés pour un montant de 300 000 euros, dont un système robotisé pour la rééducation des membres supérieurs, une imprimante 3D dédiée à l’appareillage et une plateforme de simulation thérapeutique utilisée en post-AVC.
Une réaffectation utile des fonds
L’an dernier, un nouveau projet a permis de financer un dispositif d’aide robotisée à la marche pour les membres inférieurs. Cette technologie, équipée d’un harnais et d’un tapis de marche, doit encore être prise en main par les ergothérapeutes et kinésithérapeutes du centre. Ce type de matériel, qui aurait été difficile à acquérir autrement, bénéficie directement aux patients polytraumatisés et post-AVC. Selon la direction de l’établissement, ce système de financement crée une dynamique positive : chaque année, le centre soumet de nouveaux projets dans l’espoir de bénéficier du fonds alimenté par les excès de vitesse. À l’échelle régionale, ce sont déjà cinq millions d’euros qui ont été distribués à des structures médicales bretonnes. Quand la contravention devient un levier de santé publique.