Les marchés financiers américains ont évolué en ordre dispersé mercredi, les investisseurs surveillant de près les efforts de la Chine pour soutenir son économie à l’approche de nouvelles négociations commerciales avec les États-Unis. Cette attente pèse sur les indices boursiers, dans un contexte marqué par l’incertitude liée aux tensions sino-américaines et à la politique commerciale de l’administration Trump.
À la mi-journée, l’indice S&P 500 restait quasiment inchangé, tandis que le Dow Jones progressait de 147 points, soit 0,4 %. Le Nasdaq, plus exposé aux valeurs technologiques, reculait de 0,3 %, sous l’effet de baisses notables dans ce secteur. Google a chuté de 3,8 % et Apple de 1,8 %, pesant lourdement sur la tendance globale du marché.
À contre-courant, The Walt Disney Company a bondi de 10,8 % après avoir largement dépassé les attentes des analystes en matière de bénéfices. Le groupe a relevé ses prévisions annuelles et annoncé plus d’un million de nouveaux abonnés à ses services de streaming, ce qui a rassuré les marchés malgré un climat général de prudence. Toutefois, la perspective de nouvelles hausses tarifaires fait craindre un ralentissement des dépenses de consommation, en particulier dans les secteurs liés aux loisirs et aux voyages.
L’impact de la guerre commerciale se fait durement sentir sur certaines entreprises technologiques. Super Micro Computer, fabricant de serveurs, a vu son action chuter de 5,3 % après avoir révisé à la baisse ses prévisions de chiffre d’affaires annuel. Marvell Technology, acteur du secteur des semi-conducteurs, a plongé de 11,2 % après avoir repoussé indéfiniment sa journée investisseurs prévue en juin, invoquant les incertitudes économiques actuelles.
Les tensions commerciales ont atteint des sommets : les droits de douane américains sur les produits chinois s’élèvent désormais à 145 %, tandis que la Chine impose des tarifs de 125 % sur les importations en provenance des États-Unis. Cependant, une issue semble possible. Des responsables américains de haut rang doivent rencontrer une délégation chinoise ce week-end en Suisse, dans l’espoir de calmer les tensions. Parallèlement, Pékin envisage de nouvelles baisses de taux d’intérêt et d’autres mesures de relance pour atténuer les effets des tarifs sur son économie.
Les investisseurs attendent également des signaux de la Réserve fédérale américaine. La banque centrale devrait maintenir son taux directeur inchangé, alors que son président, Jerome Powell, a indiqué vouloir observer l’impact des mesures commerciales sur les prix à la consommation et sur l’économie globale avant de prendre de nouvelles décisions. En 2024, la Fed avait abaissé ses taux à trois reprises, alors que l’inflation se rapprochait de son objectif de 2 %, mais elle adopte depuis une approche plus prudente.
Les effets de la guerre commerciale se font déjà sentir sur l’économie américaine. Le déficit commercial a atteint un niveau record de 140,5 milliards de dollars en mars, les entreprises et les consommateurs ayant anticipé l’entrée en vigueur de nouveaux tarifs prévue pour avril et juillet. Le produit intérieur brut s’est contracté de 0,3 % au premier trimestre, tandis que la confiance des consommateurs montre des signes d’affaiblissement.
L’emploi, lui, demeure robuste, mais les données actuelles n’intègrent pas encore pleinement l’impact des hausses tarifaires reportées. Pendant ce temps, les rendements des obligations du Trésor américain restent stables : celui du bon à 10 ans s’établissait à 4,28 %, contre 4,30 % la veille.
Tandis que les places boursières européennes reculaient, les marchés asiatiques ont clôturé en hausse, portés par les perspectives de soutien économique en Chine.