NEW YORK — Wall Street a clôturé en nette hausse vendredi, enregistrant sa neuvième séance consécutive dans le vert — sa plus longue série de gains depuis 2004. Ce rebond boursier, stimulé par des données positives sur l’emploi et des espoirs d’apaisement dans la guerre commerciale avec la Chine, a permis aux marchés de regagner tout le terrain perdu depuis l’escalade tarifaire lancée par le président Donald Trump début avril.
L’indice S&P 500 a grimpé de 1,5 %, le Dow Jones Industrial Average a progressé de 1,4 % (582 points), et le Nasdaq composite a gagné 1,5 %. En milieu de séance, les gains étaient encore plus marqués, avec le Nasdaq en hausse de 1,8 % et le S&P 500 en route pour sa plus longue série de hausses depuis deux décennies.
Les chiffres du marché du travail publiés vendredi ont été mieux qu’attendus : les employeurs ont créé 177 000 emplois en avril, un ralentissement par rapport à mars, mais supérieur aux prévisions des analystes. Toutefois, ces données ne tiennent pas encore compte de l’impact économique des nouveaux droits de douane imposés par Trump. La plupart de ces mesures, sauf celles visant la Chine, ont été repoussées de 90 jours.
Le secteur technologique a porté les gains, malgré une chute de 4 % pour Apple, qui a estimé que les tarifs douaniers lui coûteront 900 millions de dollars. Microsoft a progressé de 2,6 %, et Nvidia de 3 %. Les valeurs financières ont également soutenu la tendance, avec JPMorgan Chase en hausse de 2,4 % et Visa de 1,3 %.
Selon Chris Zaccarelli, directeur des investissements chez Northlight Asset Management, “si l’administration Trump revient à la charge en juillet une fois la trêve expirée, les marchés risquent de réagir aussi violemment qu’au début avril.” Le S&P 500 avait alors chuté de 9,1 % en une semaine.
Depuis, la Bourse a rebondi grâce à de solides résultats d’entreprises, des espoirs de désescalade commerciale avec Pékin, et des attentes de baisses de taux de la part de la Réserve fédérale. La croissance économique reste fragile : le PIB américain s’est contracté de 0,3 % au premier trimestre, impacté notamment par une forte hausse des importations anticipant les tarifs.
Du côté des entreprises, Exxon Mobil a terminé en légère hausse (+0,6 %) malgré des bénéfices au plus bas depuis des années. Chevron a gagné 1,6 %. Le secteur reste pénalisé par la chute des prix du pétrole, en baisse de 17 % depuis le début de l’année. Le baril est passé sous la barre des 60 dollars cette semaine.
En revanche, la société Block (Cash App) a chuté de 20,5 % après avoir annoncé une baisse de ses bénéfices au premier trimestre, en raison d’un recul des dépenses de consommation.
Sur le marché obligataire, les rendements ont également progressé : le taux à 10 ans est monté à 4,32 %, contre 4,22 % la veille, reflétant l’optimisme des investisseurs face à la vigueur du marché de l’emploi, malgré un contexte économique globalement incertain.
Les marchés restent donc en équilibre précaire entre les espoirs de reprise et les craintes liées à la politique commerciale de Washington, à quelques mois d’un été qui s’annonce décisif pour l’économie américaine.