Le Livret A, pilier de l’épargne des Français avec plus de 57 millions de détenteurs, s’apprête à subir une nouvelle baisse de rémunération. Déjà passé de 3 % à 2,4 % le 1er février 2025, son taux pourrait encore glisser à 1,70 % dès le 1er août prochain, selon les prévisions établies à partir des derniers indicateurs économiques. En cause : un repli de l’inflation et les récentes baisses des taux directeurs par la Banque centrale européenne. La formule de calcul du taux du Livret A, encadrée par la Banque de France, s’appuie notamment sur l’évolution des prix à la consommation hors tabac et sur les taux interbancaires. L’Insee a récemment indiqué une inflation annuelle de seulement 0,8 % en mars, après 0,7 % en février et 1,6 % en janvier. De son côté, le taux interbancaire a reculé de manière notable après deux ajustements à la baisse opérés par la BCE en février et mars.
Des rendements en berne pour des millions de Français
Concrètement, cette baisse du taux pèsera sur les intérêts perçus par les épargnants. Pour un Livret A rempli à son plafond légal de 22 950 €, les gains annuels passeraient d’environ 689 € actuellement à 620 € avec un taux à 1,70 %. Si cette différence peut sembler modeste à l’échelle individuelle, elle devient significative à l’échelle nationale. Le Livret d’épargne populaire (LEP), alternative plus rémunératrice réservée aux foyers modestes, n’échappera probablement pas à la tendance. Son taux, actuellement fixé à 3,5 %, pourrait chuter à 2,20 %, sauf si la Banque de France décide de conserver un écart favorable pour maintenir son attractivité. Le LDDS, autre livret défiscalisé, devrait quant à lui s’aligner sur le taux du Livret A, tandis que le Compte épargne logement (CEL) ne dépasse pas les 1,25 % bruts. Ces prévisions pourraient pousser certains Français à réévaluer leurs stratégies d’épargne, alors que les produits bancaires classiques perdent progressivement de leur intérêt face à un environnement de taux bas. Reste à voir si cette tendance se poursuivra ou si une reprise de l’inflation viendra à nouveau rebattre les cartes d’ici la fin de l’année.