Les marchés asiatiques repartent à la hausse malgré la fin de la série gagnante de Wall Street
Les marchés asiatiques repartent à la hausse malgré la fin de la série gagnante de Wall Street

Les principales places boursières d’Asie ont ouvert en légère hausse mardi, après un repli à Wall Street qui a mis fin à une impressionnante série de neuf séances consécutives dans le vert. Ce léger regain d’optimisme asiatique contraste avec les inquiétudes persistantes sur les marchés mondiaux, alimentées par la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, la baisse des cours du pétrole et des signaux de ralentissement économique.

En Chine, malgré une chute historique de l’indice des services mesuré par le groupe financier Caixin — au plus bas niveau jamais enregistré hors période de pandémie — les marchés ont avancé à la réouverture après les congés de la « Golden Week ». L’indice composite de Shanghai a progressé de 0,7 % à 3 302,83 points, tandis que le Hang Seng de Hong Kong a gagné 0,4 % à 22 599,32. Le Taiex taïwanais et le S&P/ASX 200 australien ont chacun pris 0,2 %.

Cette résistance des marchés asiatiques intervient alors que la Chine continue de subir les conséquences des nouvelles hausses de droits de douane américains, atteignant 145 % sur certains produits. Cette escalade dans la guerre commerciale, intensifiée par le président Donald Trump, a provoqué une chute du commerce et des services logistiques. Selon le rapport de Caixin, l’optimisme des entreprises chinoises est tombé à son plus bas niveau depuis le lancement de l’enquête en 2012, entraînant de nouvelles suppressions d’emplois.

Pendant ce temps, les prix du pétrole, qui avaient atteint un plus bas en quatre ans, ont rebondi légèrement. Le baril de brut américain a repris 74 cents pour s’établir à 57,87 dollars, tandis que le Brent gagnait autant pour atteindre 60,97 dollars. Cette reprise intervient après l’annonce d’une augmentation de la production de 411 000 barils par jour dès le 1er juin par l’alliance OPEP+. Toutefois, la baisse prolongée des prix inquiète de nombreux producteurs qui peinent à rester rentables en dessous du seuil des 60 dollars.

La nervosité des investisseurs est renforcée par l’incertitude sur l’évolution des tarifs douaniers et les tensions inflationnistes. Bien que la Réserve fédérale américaine ne devrait pas modifier son taux directeur lors de sa réunion de mercredi, l’inflation, toujours légèrement au-dessus de l’objectif de 2 %, reste une préoccupation centrale. L’économie américaine, jusqu’ici résiliente, a montré des signes de faiblesse avec une contraction de 0,3 % au premier trimestre — une première en trois ans.

Dans ce climat d’incertitude, les entreprises tentent de s’adapter. Ford a annoncé une perte de 1,5 milliard de dollars sur ses bénéfices d’exploitation en raison des droits de douane. Les marchés continuent également de réagir aux annonces inattendues de Donald Trump : dimanche soir, il a affirmé vouloir imposer une taxe de 100 % sur les films produits à l’étranger, une mesure dont l’impact reste flou mais qui a fait chuter Netflix de 1,9 % et Warner Bros. Discovery de 2 %.

Malgré la volatilité, certains titres se sont distingués : Skechers a bondi de 24,3 % après l’annonce de son rachat pour 9 milliards de dollars par le fonds d’investissement 3G Capital. Enfin, les rendements obligataires américains ont légèrement progressé, celui des bons du Trésor à 10 ans atteignant 4,35 %.

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