Les importations de conteneurs aux États-Unis ont connu une forte hausse en avril, alors que les entreprises américaines ont précipité leurs commandes pour éviter les lourds droits de douane imposés par le président Donald Trump, notamment une taxe de 145 % sur les produits chinois. Selon les données publiées jeudi par le spécialiste de la logistique Descartes, le volume des importations a atteint 2,4 millions d’unités équivalentes vingt pieds (EVP), en hausse de 9,1 % par rapport à l’an dernier, ce qui en fait le deuxième mois d’avril le plus actif jamais enregistré.
Cette ruée vers les importations précède un repli annoncé pour le mois de mai. Les directeurs des deux plus grands ports américains, Los Angeles et Long Beach, prévoient une baisse marquée du trafic. Le port de Los Angeles, principal point d’entrée pour les marchandises chinoises, anticipe une chute de 35 % des volumes cette semaine par rapport à l’an passé. Son voisin de Long Beach table sur un recul de 20 % pour l’ensemble du mois.
Depuis le 9 avril, la nouvelle politique commerciale de Trump a provoqué un bouleversement dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. Les tarifs douaniers, désormais fixés à 145 % sur les biens chinois, ont été étendus à 10 % pour de nombreux autres pays. Face à cette explosion des coûts, des géants du commerce comme Walmart et Amazon ont commencé à suspendre ou annuler leurs commandes à destination des usines asiatiques.
Cette course contre la montre s’explique aussi par la fin de l’exemption dite « de minimis », entrée en vigueur le 2 mai. Cette mesure permettait jusque-là l’importation sans droits de douane de marchandises de faible valeur, en provenance notamment de Chine et de Hong Kong. Selon Descartes, son expiration aura des effets encore non mesurés sur les volumes d’importation.
Au-delà des politiques tarifaires, la situation géopolitique mondiale ajoute à l’incertitude. L’instabilité persistante au Moyen-Orient, en Ukraine et en mer Rouge accroît les risques de perturbations logistiques, tandis que les transporteurs maritimes annulent déjà des traversées en raison d’une demande en berne. La flambée du mois d’avril pourrait donc être de courte durée.