Le pétrole recule de 1 % face à la perspective d’un relèvement de la production par l’OPEP+
Le pétrole recule de 1 % face à la perspective d’un relèvement de la production par l’OPEP+

Les prix du pétrole ont chuté d’environ 1 % jeudi matin, dans un contexte de spéculations croissantes sur une éventuelle hausse de la production de l’OPEP+ dès juillet, suscitant l’inquiétude des marchés quant à un déséquilibre entre l’offre et la demande mondiales.

Vers 08h00 GMT, les contrats à terme sur le Brent reculaient de 64 cents, à 64,27 dollars le baril, tandis que le brut américain West Texas Intermediate (WTI) perdait 59 cents, s’établissant à 60,98 dollars. Cette baisse intervient après un rapport de Bloomberg affirmant que les membres de l’OPEP+, regroupant les pays exportateurs de pétrole et leurs alliés, envisageaient une hausse de la production de 411 000 barils par jour (bpj) à partir de juillet. Aucun accord n’a toutefois encore été formellement conclu.

Selon Harry Tchiliguirian, analyste chez Onyx Capital Group, le marché perçoit cette possible inflexion de stratégie comme un virage décisif. « Nous constatons que l’OPEP abandonne sa stratégie de défense des prix au profit de la part de marché », a-t-il déclaré. « C’est un peu comme enlever un pansement ; on le fait d’un seul coup. »

Depuis le début de l’année, l’OPEP+ avait engagé une politique de réduction progressive de sa production, visant à maintenir les prix dans un contexte de demande incertaine. Cependant, Reuters a rapporté que l’organisation pourrait réinjecter jusqu’à 2,2 millions de bpj d’ici novembre.

Helima Croft, analyste chez RBC Capital, estime qu’une augmentation de 411 000 bpj en juillet serait le scénario le plus probable, et souligne que l’Arabie saoudite pourrait en être le principal moteur. Elle s’interroge toutefois sur le respect du calendrier initial de réduction et la possibilité d’un retour rapide à des niveaux de production plus élevés.

À cela s’ajoute une pression baissière venue des États-Unis. Les dernières données hebdomadaires de l’Energy Information Administration (EIA) ont révélé une hausse inattendue des stocks de brut, à hauteur de 1,3 million de barils, portant les réserves totales à 443,2 millions de barils. Les analystes interrogés par Reuters anticipaient au contraire une baisse équivalente.

Cette accumulation est notamment due à une augmentation des importations de brut, à leur plus haut niveau en six semaines, et à une demande plus faible de carburants raffinés, comme l’essence et le distillat. Selon Emril Jamil, de LSEG Oil Research, cette tendance pourrait favoriser une hausse des exportations américaines vers l’Europe et l’Asie, accentuant les tensions sur l’équilibre mondial du marché pétrolier.

Enfin, la montée du rendement des bons du Trésor américain à 10 ans renforce les anticipations d’une demande affaiblie, ce qui pourrait pousser l’OPEP+ à adopter une position plus agressive sur l’offre lors de sa prochaine réunion prévue le 1er juin.

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