CAMPINAS, Brésil — Alors que les stocks mondiaux de café atteignent des niveaux historiquement bas, les principaux acteurs de l’industrie ont averti vendredi qu’il faudra probablement au moins deux bonnes récoltes successives pour rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande. Cette déclaration a été faite lors d’un dîner-sommet organisé à Campinas, au Brésil, premier producteur mondial de café.
Au cœur des discussions : les effets cumulés de plusieurs campagnes déficitaires, qui ont vu la demande mondiale de café dépasser l’offre disponible, poussant les réserves vers un seuil critique. Selon les experts présents, cette situation ne pourra être corrigée rapidement, même si les prochaines récoltes s’annoncent prometteuses.
« Les déficits que nous avons accumulés ces dernières années ne pourront être comblés en une seule campagne. Il nous faudra au moins deux cycles agricoles de forte production pour stabiliser les stocks », a déclaré un négociant international basé à São Paulo. Des conditions météorologiques défavorables, notamment des sécheresses et des gels, ont perturbé les récoltes au Brésil et au Vietnam, les deux géants de la filière, aggravant la situation.
L’année 2025 s’annonce déjà comme un tournant : si les prévisions climatiques restent favorables, le Brésil pourrait voir une amélioration notable de ses rendements, en particulier dans les régions du Minas Gerais et de l’Espirito Santo. Toutefois, la prudence reste de mise, car une seule saison positive ne suffira pas à rétablir la stabilité.
Les conséquences de cette pénurie se font déjà sentir sur les marchés internationaux. Les prix du café arabica ont connu une envolée depuis le début de l’année, et les consommateurs dans de nombreuses régions du monde ont vu le prix de leur tasse de café augmenter. Les torréfacteurs, de leur côté, peinent à sécuriser des volumes suffisants pour répondre à la demande.
Outre les enjeux climatiques, les spécialistes pointent également les coûts de production en hausse, notamment ceux liés à la main-d’œuvre, aux intrants agricoles et à la logistique mondiale, comme des facteurs contribuant à cette crise prolongée.
L’industrie reste néanmoins optimiste à moyen terme. Plusieurs initiatives sont en cours pour moderniser les plantations, améliorer la résilience climatique des cultures et diversifier les sources d’approvisionnement. Mais pour l’heure, le mot d’ordre reste la patience : la reprise des stocks mondiaux de café sera un processus lent, étroitement dépendant de la clémence de la météo et de la stabilité des marchés.