Les marchés financiers ont salué ce week-end les premiers signes d’apaisement entre les États-Unis et la Chine, après deux jours de discussions à Genève entre hauts responsables des deux puissances économiques. Bien que les détails de l’accord restent flous, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a évoqué des « progrès substantiels », tandis que le président Donald Trump a parlé d’une « réinitialisation totale » des relations commerciales dans un climat « amical mais constructif ».
Le vice-Premier ministre chinois He Lifeng, qui représentait Pékin lors de cette rencontre, a qualifié les échanges de « francs » et a souligné qu’ils constituaient une première étape importante. Les marchés, jusqu’alors perturbés par une guerre tarifaire croissante, ont réagi positivement à cette nouvelle tonalité, même si les investisseurs restent prudents sur la portée réelle des avancées annoncées.
Depuis l’annonce, début avril, par Donald Trump de hausses de droits de douane jusqu’à 145 % sur toutes les importations chinoises — auxquelles Pékin avait répliqué par des hausses équivalentes —, les places boursières avaient fortement décroché. L’indice S&P 500 a ainsi perdu 8 % depuis son sommet de février, malgré un rebond récent porté par les espoirs de désescalade. Les propos du président américain évoquant la possibilité de ramener certains droits de douane à 80 % ont également contribué à nourrir l’optimisme.
Malgré tout, les analystes jugent improbable un accord rapide et global. « Nous doutons toujours qu’un grand compromis émerge de ces négociations », a estimé Thierry Wizman, stratégiste chez Macquarie. Liqian Ren, de WisdomTree, considère quant à elle que les deux pays manquent pour l’instant de véritables incitations à faire des concessions immédiates. L’incertitude persiste aussi sur la stratégie de Trump, dont une simple publication sur les réseaux sociaux peut faire varier les marchés de 10 %.
Les analystes de BCA Research conseillent de « vendre en fonction de la force » tant que les contours d’un accord concret restent absents. De plus, la volatilité demeure élevée : l’indice VIX, baromètre de l’anxiété des marchés, reste au-dessus de sa moyenne historique, même après avoir chuté depuis son pic d’avril.
Enfin, les observateurs rappellent que la Chine représente un défi unique en matière de négociation, bien plus complexe que les récentes avancées commerciales avec le Royaume-Uni. Claudio Irigoyen, économiste chez BofA Securities, prévoit que Pékin sera le dernier pays avec lequel Washington parviendra à conclure un accord, tant les tensions géopolitiques et commerciales sont imbriquées. Pour l’heure, les marchés se contenteront de petits signes positifs.