Mois après mois, le trou se creuse. En mai, le déficit commercial de la France a atteint 7,6 milliards d’euros, selon les chiffres publiés ce mardi par les douanes. Ce déséquilibre s’explique par une baisse plus marquée des exportations que des importations. Si les achats à l’étranger ont reculé de 600 millions d’euros, les ventes françaises, elles, ont chuté d’un milliard. Résultat : la balance commerciale continue de se dégrader, dans un contexte où les produits manufacturés pèsent lourdement dans la balance. L’amélioration du solde énergétique, due à une contraction des importations plus importante que celle des exportations, n’a pas suffi à compenser la perte enregistrée sur les biens manufacturés. Ce secteur, habituellement moteur de l’export, tire cette fois les chiffres vers le bas et s’impose comme le principal facteur du creusement du déficit.
Une spirale qui s’installe
Depuis le début de l’année, la tendance est constante : chaque mois ou presque, le déficit s’élargit. Seule exception récente, le mois d’avril, dont le chiffre a été révisé à la baisse à 7,2 milliards d’euros (contre 7,4 initialement annoncés). Mais cette accalmie n’aura été que temporaire. Sur douze mois glissants, le solde commercial de la France atteint désormais 80 milliards d’euros, quasiment à l’identique du niveau atteint en 2024 (81 milliards). La dernière fois que la France a enregistré un excédent commercial sur les biens remonte à 2002. Depuis, le pays s’enfonce dans un déséquilibre structurel, reflet d’une compétitivité à la peine et d’une spécialisation industrielle moins favorable que celle de ses voisins. En pleine préparation du budget 2026, ce chiffre ne passera pas inaperçu. Car au-delà des seuls équilibres macroéconomiques, il interroge sur la capacité du pays à réindustrialiser, exporter et peser dans la mondialisation autrement qu’en consommateur net. Pour l’heure, la courbe reste rouge.