Pourtant, à peine un mois plus tard, les marchés ont effacé l’ensemble de ces pertes. Vendredi, le S&P 500 a enregistré sa neuvième séance consécutive de hausse, récupérant son niveau d’avant « le jour de la libération » tarifaire de Trump. Certes, les indices restent en deçà de leurs records historiques atteints plus tôt cette année, mais la vitesse et la vigueur du rebond ont surpris les observateurs.
Le premier tournant s’est produit le 9 avril, lorsque Trump a annoncé sur ses réseaux sociaux une « PAUSE de 90 jours » sur la majorité des nouveaux tarifs — à l’exception de ceux visant la Chine. Cette annonce, intervenue peu après qu’il ait publiquement qualifié le moment de « parfait pour acheter », a propulsé le S&P 500 de 9,5 % en une seule séance.
Les semaines suivantes ont été marquées par des signaux contradictoires. Tandis que Trump oscillait entre apaisement diplomatique et menace industrielle, les investisseurs se rassuraient avec l’assouplissement de certaines mesures, notamment sur les voitures et les produits électroniques. Des responsables américains évoquaient même une « désescalade » avec la Chine, ce qui suffisait à calmer les marchés.
En coulisses, ce sont les tensions dans d’autres segments financiers qui ont probablement contraint Trump à modérer son discours. La baisse des obligations du Trésor américain et la chute du dollar ont fait craindre une perte de confiance globale dans la fiabilité financière des États-Unis. « Les investisseurs obligataires commençaient à avoir la nausée », a reconnu Trump.
Côté macroéconomie, les données restaient solides malgré un moral en berne. Les chiffres d’emploi ont rassuré les marchés : 177 000 postes créés en avril selon le gouvernement. De son côté, la Réserve fédérale a maintenu ses taux inchangés après trois baisses en 2024, et les analystes s’attendent encore à trois nouvelles réductions d’ici la fin de l’année.
Mais ce sont surtout les résultats trimestriels des entreprises qui ont soutenu le marché. Près de 75 % des sociétés du S&P 500 ont dépassé les attentes, avec une croissance moyenne des bénéfices proche de 13 % — des géants comme Microsoft et Meta en tête.
Pourtant, le climat d’incertitude persiste. Nombre d’entreprises ont révisé à la baisse leurs prévisions, ou les ont tout simplement suspendues. United Airlines est même allée jusqu’à proposer deux scénarios distincts pour 2025 : avec ou sans récession.
Si le rebond a été fulgurant, les marchés restent suspendus à la fin de la trêve tarifaire en juillet. « Si l’administration revient à son plan initial, on pourrait revivre exactement la même panique qu’au début du mois d’avril », prévient Chris Zaccarelli, directeur des investissements chez Northlight Asset Management.
Autrement dit, la volatilité pourrait bien ne faire que commencer.